POLITIQUE & INSTITUTIONS

Laboratoire d’analyses médicales

Et de quatre départs chez Ketterthill



10x6_start_up_21_11_2012-28_720.jpg

Jean-Luc Dourson avait une vision entrepreneuriale de son activité, aux antipodes de CEL. (Photo: archives paperJam)

L’hémorragie se poursuit chez Ketterthill, après le limogeage le 14 janvier dernier de son emblématique administrateur délégué Jean-Luc Dourson. Trois cadres ont posé leur démission dans son sillage.

Une épidémie de démissions a frappé le laboratoire privé d’analyses médicales Ketterthill depuis le licenciement pour «faute grave» le 14 janvier dernier de son administrateur délégué Jean-Luc Dourson. Après la démission de Osman Uslu, le directeur administratif et financier, quelques jours après le limogeage controversé de Dourson, et alors qu’il n’avait pas de perspective de nouveaux contrats à la clé – ce qui laisse croire à un certain découragement au sein du management de l’entreprise – deux autres annonces de départs ont suivi: celui du responsable comptable du laboratoire et celle toute récente du directeur informatique, qui doit encore prester un préavis de trois mois.

Ces démissions successives dans le personnel d’encadrement de Ketterthill traduisent probablement le malaise qui a suivi le remplacement de Dourson par Stéphane Gidenne, alors que les dirigeants de Cerba European Lab, actionnaire à 100% de Ketterthill tentait de rassurer cette semaine dans une interview au Wort sur les intentions et des investissements afin de développer la filiale luxembourgeoise. Ketterthill doit notamment déménager ses laboratoires dans des locaux à Esch Belval, alors que le projet était bloqué depuis des mois pour d’obscures raisons.

Le limogeage de Jean-Luc Dourson était intervenu le lendemain de l’envoi d’une lettre au réviseur d’entreprise de Ketterthill pour dénoncer des prélèvements par la maison mère française de frais de gestion de plus d’un million d’euros que l’ancien dirigeant jugeait contraire à l’intérêt social de Ketterthill et économiquement non justifiés, et surtout non validés par le conseil d’administration dont il était membre. Certains prélèvements étaient intervenus sur des exercices déjà clôturés. L’ancien patron avait aussi mis en cause les charges financières pesant sur l’entité luxembourgeoise et liée à un prêt High Yield à 7,5% d’intérêts par an contracté par la maison mère. Dourson avait réclamé la convocation d’une assemblée générale extraordinaire pour dénoncer les faits, mais il a été licencié le lendemain de sa demande.

Tribunal saisi à Paris

En 2011, Jean-Luc Dourson avait signé un contrat avec Cerba qui lui avait racheté son laboratoire en échange d’une participation minoritaire dans le groupe français et une place dans le directoire. Mais les espoirs de Dourson, qui avait cru à un vrai partenariat d’entreprises devant donner une dimension européenne, ont été vite douchés et ses relations se sont empoisonnées avec les autres dirigeants de CEL qui nourrissaient, eux, une vue ultra-financière de leur activité. D’autant que Cerba est lui-même détenu à 75% par un fonds d’investissement, et fortement endetté après un énième LBO, et que la maison mère a souvent considéré l’entité luxembourgeoise comme une machine à faire du cash.

Selon nos informations, Jean-Luc Dourson a assigné en janvier le laboratoire français devant le Tribunal de commerce de Paris afin de faire annuler la transaction de vente de 2011.