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Rapport annuel 2017

Des start-up à l’artisanat pour la SNCI



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La SNCI a repris en 2017 le rôle d’actionnaire principal du Technoport, la structure d’incubation pour start-up. (Photo: Maison Moderne / Archives )

2017 a été marquée par un soutien réaffirmé de la SNCI au Technoport en tant que désormais premier actionnaire. Les artisans sont aussi venus frapper à la porte de la structure étatique pour leurs besoins en investissement.

Dans les rouages de la participation et du soutien de l’État à l’économie, la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI) occupe un rôle-clé. Celui de soutenir les entreprises dans leurs besoins en équipement et en financement. Celui aussi de prendre des participations dans des sociétés jugées stratégiques par le gouvernement.  

Le rapport annuel 2017 de la SNCI publié en ce mois d’août fait ainsi état de 29 crédits d’équipement octroyés, pour un montant de 11,96 millions d’euros (contre 7,7 millions d’euros en 2016). «La part belle revient au secteur de l’artisanat», note le document, avec 10,21 millions d’euros destinés aux artisans.

2016, l’exceptionnelle

Au total, ce sont 17,79 millions d’euros de financement qui ont été décidés en 2017. Une année moins dynamique si l’on en juge l’exceptionnel exercice 2016, qui avait été marqué par des augmentations de capital. D’où les 177,10 millions d’euros débloqués à l’époque.

La SNCI avait ainsi participé à l’augmentation de capital de 3 milliards de dollars d’ArcelorMittal. Actionnaire à 0,9% du groupe sidérurgiste, elle avait déboursé 95 millions d’euros. 50 millions d’euros avaient été nécessaires dans le cadre de l’augmentation de capital de SES, qui s’élevait à 900 millions d’euros.

Vers l’économie de demain 

Mais 2016 marquait aussi le début du rôle actif de la SNCI dans la stratégie «SpaceResources» pensée par le gouvernement pour explorer les nouvelles possibilités du secteur spatial. Une société, SAAM Luxembourg, a été créée par la SNCI pour prendre des participations dans des entreprises du secteur. 

Dotée de 14 millions d’euros de capital, elle a tout d’abord soutenu à hauteur de 13 millions d’euros la filiale luxembourgeoise de la société américaine Planetary Resources au cœur d’une actualité mouvementée en cet été 2018.

En 2017, c’est via le Luxembourg Future Fund (LFF) que la SNCI (elle en détient 80%) s’est tournée vers de nouveaux secteurs d’activité. À niveau dans le spatial, le LFF a investi dans la société américaine Spire – spécialisée dans l’exploitation des données des satellites – pour 70 millions de dollars.

Fidèle au Technoport

La SNCI demeure en outre actionnaire (20%) du fonds basé à Londres et centré sur l’innovation scientifique Advent Life Sciences Fund. Au Luxembourg, elle détient 14,46% du Digital Tech Fund, monté avec des acteurs privés pour investir dans des start-up technologiques. 

Un secteur loin d’être inconnu pour la SNCI, qui a renforcé son rôle d’actionnaire de l’incubateur historique Technoport, à la faveur d’une augmentation de capital concrétisée en 2017. Celle-ci a été menée dans le cadre de la création en joint-venture du centre d’innovation Tomorrow Street, avec Vodafone.

La participation de la SNCI dans le Technoport est passée de 25% à 44,92% (le restant pour l’État), ce qui en fait désormais son actionnaire principal.