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Bilan de music:LX

Cinq années d’export de la musique



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Say Yes Dog a remporté le Prix export de l’année dans la catégorie Pop/Rock/Électro. (Photo: Benjamin Park)

Le bureau d’export Music:LX a été créé il y a cinq ans. L’occasion de dresser un bilan mais aussi de réfléchir à la suite pour mieux soutenir les musiciens luxembourgeois.

Si lors de la création de Music:LX en 2011, le but était de «placer le Luxembourg sur la carte européenne de la musique», l’ambition de faire connaître des professionnels, de trouver des partenaires et d’aider les artistes à résonner a toujours été sous-jacente. «Le bureau d’export met en place un ensemble de services et de contacts professionnels en collaboration avec le groupe en vue de son développement de carrière», détaille Patrice Hourbette, le directeur de Music:LX.

Aussi, le conseil d’administration a installé des critères qui tiennent compte de ce cercle vertueux où chacun (artiste, bureau d’export, label, entourage) doit jouer pleinement son rôle. Il a également décidé de resserrer cette année les critères de la sélection d’artistes et de définir les nouvelles stratégies à mettre en œuvre dans ce qui est appelé la «phase 2» de Music:LX.

Car la situation d’il y a cinq ans où «nous avons dû assumer un certain nombre de tâches qui incombaient aux artistes» a évolué et le travail peut dès lors être approfondi. Les moyens humains et financiers vont être concentrés sur un nombre plus restreint d’artistes: ceux avec une réelle volonté professionnelle et avec un vrai potentiel de développement à l’international.

Aussi, trois catégories d’artistes seront distinguées en fonction de leur stade de développement et de leur potentiel international et les aides seront proportionnelles à ce niveau de développement. Cela va de «artistes en germe» (repérés par les établissements culturels nationaux avec un potentiel à l’export et une stratégie de communication) à «artistes implantés/confirmés dans plusieurs territoires» (avec un encadrement professionnel, des dates de concerts payés et des ventes de disques, des retombées médiatiques) en passant par «artistes en développement» (reconnus par les établissements culturels nationaux, suscitant l’intérêt des professionnels étrangers, avec une bonne communication).

Une année de concerts et festivals

Voilà pour l’avenir. En regardant dans le rétroviseur, Patrice Hourbette a aussi présenté les actions phares de Music:LX en 2016. Dans le domaine du jazz, ce fut notamment l’organisation récente du Luxembourg Jazz Meeting & Friends où une centaine de professionnels étrangers sont venus découvrir nos artistes et faire leur marché, les participations à From Quebec to Luxembourg où trois groupes luxembourgeois et trois groupes québécois ont joué dans trois clubs parisiens prestigieux et à Criss Cross Europe, un réseau qui soutient les nouveaux talents du jazz.

Pour les musiques rock, pop et électro, le Reeperbahn Festival est un incontournable avec une présence luxembourgeoise très bien identifiée. Napoleon Gold, Sun Glitters et Cleveland étaient les groupes sélectionnés pour un line-up totalement électro. Chaque année, Music:LX organise des Luxembourg Sounds Like… dans des villes européennes, en plus de ceux organisés pendant des festivals. En 2016, les trois villes choisies pour accueillir cet événement ont été Bruxelles, Berlin et Paris. Plusieurs autres concerts et tournées ont permis de toucher du public, mais surtout des professionnels et la presse internationale.

La deuxième édition de la compilation «Luxembourg Sounds Like…», sur laquelle sont présentés 12 titres d’artistes luxembourgeois, a vu le jour cette année. Tirée à 1.000 exemplaires, cette compilation destinée aux professionnels est distribuée dans les salons et festivals.

Par rapport à l’année dernière, on notera une légère baisse du nombre total de concerts à l’étranger, avec 950 concerts dans 55 pays cette année, contre 1.093 l’année dernière et 972 en 2014. Depuis l’ouverture du bureau d’export en 2011, le nombre de concerts à l’export semble se stabiliser autour de 1.000 par an, soit en moyenne environ trois concerts par jour. On peut voir que l’Allemagne, la France et la Belgique sont toujours en tête du classement, avec respectivement 234, 171 et 88 concerts pour 2016, suivies de près par le Royaume-Uni (61 concerts), les États-Unis (36 concerts) et la Suisse (35 concerts).

Au niveau des concerts à l’étranger, on peut constater une très belle augmentation des concerts de musique classique. On passe ainsi en 2016 de 163 (2015) à 243, soit 50% de plus, ce qui montre la belle vitalité de cette musique à l’export.

Des prix

Chaque année, Music:LX décerne des prix pour saluer les musiciens qui ont le mieux œuvré à développer leur carrière internationale. C’est ainsi que pour la catégorie Rock/Pop/Électro, le groupe Say Yes Dog remporte le titre à la fois pour son succès phonographique avec son premier album «Plastic Love» produit par Ash Workman (Metronomy, Christine and the Queens…), ses nombreux concerts et sa belle couverture médiatique.

Côté jazz, c’est Greg Lamy qui est félicité pour avoir été très actif à l’export depuis plus de cinq ans. Cette année a été particulièrement fructueuse avec la signature avec un manager pour la France, des ventes de disques importantes, des droits d’auteur en conséquence et une trentaine de concerts en Europe.

Dans la catégorie Musique classique et contemporaine, le Trio Koch remporte la mise avec des résultats excellents en termes de développement: sortie d’un disque, signatures d’agences et concerts dans des salles importantes comme la Philharmonie de Berlin.