POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Aménagement du territoire

Choisir entre «l’intérêt privé ou l’utilité publique»



trains.jpg

Sur les cinq années à venir, pas moins de 2,4 milliards d'euros seront investis dans les infrastructures routières et ferroviaires. (Photo: archives paperJam )

Lors du débat sur l’aménagement du territoire, François Bausch, ministre du Développement durable (Déi Gréng), a annoncé qu’un total de 2,4 milliards d’euros seraient investis, d’ici cinq ans, dans la modernisation des réseaux ferrés et routiers. Un chiffre passé inaperçu mais qui fait réagir.

Les voix discordantes étaient rares, jeudi, à la chambre des députés. Le débat d’orientation voulu par François Bausch, ministre du Développement durable (Déi Gréng, sur le «développement spatial durable» a donc tourné à un échange de points de vue sur la méthode à employer. Car tous partagent le diagnostic: le pays n’a pas anticipé les conséquences de l’essor démographique observé au cours des dernières décennies, principalement en matière de logement et de transport.

Et sur ce point, le ministre entend mettre le paquet puisqu’il a évoqué à la tribune un investissement global de 2,4 milliards d’euros afin de financer la modernisation des routes et des voies ferrées. Un chiffre rarement évoqué de cette manière «mais qui représente les coûts de l’ensemble des projets repris dans le cadre du plan pluriannuel présenté par le ministre des Finances et voté l’année dernière», précise François Bausch. Autrement dit, 2,4 milliards d’euros qui seront investis au cours des cinq prochaines années.

Doute sur la réalisation «dans le temps imparti»

S’y retrouvent ainsi, entre autres, les chantiers de l’arrêt Pont rouge (96 millions d’euros), la création d’une nouvelle voie entre Bettembourg et Luxembourg (212 millions) ou le projet du tram (565 millions) pour la partie rail. Le doublement de l’A3 entre la Croix de Gasperich et la frontière française (159 millions d’euros), la création de la nouvelle N3 entre la gare centrale et Hesperange (134 millions) ou l’amélioration de la N7 (70 millions d’euros) pour la partie route.

Une ambition qui semble laisser l’opposition dubitative, l’annonce du chiffre global des investissements étant passée quasi inaperçue. Diane Adhem (CSV), présidente de la Commission du contrôle budgétaire, reconnaît ne pas avoir entendu ce chiffre mais estime tout de même que «cela semble énorme», tandis que Claude Wiseler, chef de fraction des députés chrétiens-sociaux, «doute que nous soyons capables de mener à bien de tels investissements dans le temps imparti».

Une prise de position de l’ancien ministre et prédécesseur de François Bausch basée sur son «expérience des années passées, aussi bien en termes de capacité de l’administration à gérer de tels projets d’envergure en matière de procédures ou de contrôles, qu’en termes de capacité des entreprises luxembourgeoises à réaliser tous ces chantiers». François Bausch, de son côté, assure que «pour le moment, pour tous les projets engagés, le timing est respecté».

Mise en place d’une politique du logement «responsable»

Pour de ce qui est de la question du logement, la volonté de tous les partis de mette en place «une politique responsable» a émergé jeudi. Mais encore une fois, les divergences sont apparues sur les moyens à mettre en œuvre. Alors que Michel Wolter, député CSV et ancien ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, a assuré que la politique actuelle se situait «dans la continuité» du gouvernement précédent, François Bausch a plaidé pour une rupture avec les décisions prises précédemment. Dans le viseur, la plupart des projets de grande envergure d’ores et déjà validés afin de favoriser «le développement de la densité intérieure» des agglomérations.

En clair, utiliser au maximum les terrains urbains encore disponibles en lieu et place de constructions plus dispersées. Ce qui aurait pour conséquence l’aménagement quotidien «de deux hectares» dans le pays. Et le ministre de s’interroger sur ce qui prévaut le plus, «l’intérêt privé ou l’utilité publique»? Dans cette optique, et afin de faire baisser la pression sur le prix des terrains, l’idée de lancer de grands ensembles à loyer modéré, financés par l’État, a été lancée. Sans toutefois que des chiffres précis ne soient avancés.