POLITIQUE & INSTITUTIONS

Campagne du LCGB

Bataille autour des futures allocations familiales



Le LCGB se lance dans une campagne destinée à supprimer le projet de loi sur les prestations familiales, ou du moins le modifier. (Photo: Christophe Olinger / archives)

Le LCGB se lance dans une campagne destinée à supprimer le projet de loi sur les prestations familiales, ou du moins le modifier. (Photo: Christophe Olinger / archives)

Depuis ce lundi, le LCGB lance une campagne contre la réforme déposée par la ministre de la Famille portant sur le montant des prestations familiales. Le syndicat chrétien évoque des «économies sur le dos des familles». Corinne Cahen (DP) dément.

Adopté en juin dernier, le projet de loi sur la réforme des prestations familiales doit officiellement entrer en vigueur le 1er janvier 2016. L’idée principale: mettre fin aux montants progressifs pour les allocations familiales et l’allocation de rentrée scolaire et les remplacer par des montants uniques. De 265 euros par enfant pour les allocations familiales et de 115 euros – pour les enfants de 6 à 11 ans – ou 235 euros – pour un enfant de 12 ans et plus pour l'allocation de rentrée.

Selon Christophe Knebeler, secrétaire général du LCGB, ce texte n’est que «folie budgétaire» qui vise à économiser 15 millions d’euros en 2016 et «jusqu’à 87 millions d’euros d’ici à 2026». Des économies «faites sur le dos des familles, particulièrement sur celui des familles nombreuses» que le syndicat chrétien entend dénoncer via une page Facebook dédiée et une calculette faisant état des changements en 2016.

«Notre campagne vise non seulement à informer le public de ce qui attend les familles dès le 1er janvier 2016, mais aussi à faire bouger les politiques pour que ce texte soit retiré ou au moins adapté pour réintroduire l'indexation automatique des prestations familiales, comme cela était le cas jusqu'en 2006», assure Christophe Knebeler. En complément de cette campagne sur le net, le LCGB distribuera des flyers dans les entreprises pour tenter de sensibiliser le plus grand nombre.

«Personne ne perdra quoi que ce soit, puisqu’il n’y a aucune rétroactivité en ce qui concerne les allocations familiales. Les enfants qui touchent déjà des allocations familiales seront même gagnants, car ils vont profiter de l’augmentation de la majoration d’âge», estime pour sa part Corinne Cahen (DP), ministre de la Famille, interrogée par Paperjam.lu. Selon elle, «les enfants qui naissent après la réforme auront beaucoup plus de prestations en nature, comme la gratuité ou l’apprentissage bilingue dès l’âge d’un an. Le calcul du LCGB est donc totalement faux».

Présentée comme une priorité du gouvernement, la mesure se base sur des données de l'OCDE, ainsi que sur une étude intitulée «Le coût des enfants en Suisse», publiée par l'Office fédéral de la statistique du département fédéral de l'Intérieur en mars 2009. Dans une réponse parlementaire publiée en janvier 2014, Xavier Bettel indiquait via l'étude suisse que «l'augmentation des coûts due à l'arrivée d'un enfant n'est pas linéaire, ni proportionnelle et qu'elle est nettement plus faible pour le deuxième et pour le troisième enfant». Un constat, réalisé au sein de la Confédération, auquel s'ajoute le fait que «dans de nombreux pays de l'Union européenne, le niveau des allocations touchées par une famille par enfant diminue en fonction du nombre d'enfants».