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Bilan

Banque Degroof Luxembourg: "satisfaits et confiants"



Avec un exercice social clôturant fin septembre, Banque Degroof Luxembourg est, traditionnellement, la première banque importante de la Place à dévoiler ses résultats annuels, dans le prolongement de leur assemblée générale annuelle fixée, statutairement, au 3e jeudi du mois de janvier. Dans le contexte économique que l'on sait, la banque de l'avenue Joseph II s'estime satisfaite des résultats affichés et confiante dans l'avenir.

C'est, du moins, en ces termes exacts, que s'est exprimé Geert De Bruyne, l'un des deux administrateurs-délégués de la banque (avec Patrick Keusters, directement venu de Banque Degroof Belgique), en poste depuis le 2 octobre dernier, c'est-à-dire depuis le départ surprise de Fernand de Jamblinne, qui occupait seul ce poste depuis six ans.

"Il faut bien voir que la correction boursière que nous vivons actuellement est la troisième plus importante de l'histoire. Le krach boursier de 1987, à côté, paraît minuscule, tout comme les conséquences des deux chocs pétroliers des années 70" remarque M. De Bruyne, forcément satisfait du maintien à un niveau assez élevé du fonds de commerce de Banque Degroof Luxembourg, c'est-à-dire des fonds confiés par la clientèle: si la partie "administration de fonds" recule de 5,5%, les fonds amenés par la clientèle privée augmentent de 0,36% et surtout les fonds venant de la clientèle institutionnelle croissent de 11,21%.

"Nous avons bénéficié d'un développement commercial remarquable, allé à une approche de gestion éprouvée, mais aussi d'une grande fidélité de notre clientèle" estime M. De Bruyne, nullement traumatisé par la baisse de 21,5% du bénéfice net courant, part de groupe (12,9 millions d'Euro contre 16,5 millions un an plus tôt). Le revenu d'exploitation, lui, est en repli de près d'un tiers par rapport à la période septembre 2000-septembre 2001.

La chute du Produit net bancaire est, quant à elle, limitée, à 7,9% (65,7 millions d'Euro contre 71,3 millions un an plus tôt),alors que dans le même temps, les frais administratifs ont gonflé de plus de 10% à 51,6 millions d'Euro. Du coup, le "Cost Income Ratio" (rapport des frais généraux par le produit net bancaire, que l'on peut aussi traduire par "quelle est la somme qu'il faut dépenser pour gagner 100 Euro'") bondit de plus de 10 points, passant de 64,3% à 74,4%. "Nous savons que nous avons un outil de production bien calibré par rapport à notre activité, ce qui devrait nous permettre, à partir du moment ou une embellie sera notée, d'avoir un effet de levier sur nos résultats. Idéalement, on peut espérer ramener ce ratio autour de 60-65%" analyse Patrick Keusters.

L'administrateur-délégué de Banque Degroof Luxembourg a également tenu à couper court à toute rumeur éventuelle concernant des réductions d'effectif d'un groupe comptant près de 320 collaborateurs (dont 260 au Luxembourg): "Aucun plan social n'est actuellement prévu. On a toujours été prudents les années précédentes si bien que nous sommes tout à fait capables d'absorber la situation actuelle. En revanche, si on devait faire face à une ou deux années supplémentaires de marasme, les choses pourraient être différentes. Mais il n'y a pour l'heure aucune raison de le faire" a-t-il affirmé.