POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Scandale environnemental en Lorraine

ArcelorMittal serein face aux accusations



Selon le témoignage du chauffeur, ce sont 28 mètres cubes d’acide qui auraient été rejetés chaque jour durant trois mois dans la nature par le sous-traitant d’ArcelorMittal. (Photo: Twitter / capture d'écran)

Selon le témoignage du chauffeur, ce sont 28 mètres cubes d’acide qui auraient été rejetés chaque jour durant trois mois dans la nature par le sous-traitant d’ArcelorMittal. (Photo: Twitter / capture d'écran)

Le géant de la sidérurgie s’est dédouané ce mardi de ses responsabilités après les révélations d’un ancien employé d’un de ses sous-traitants qui a affirmé qu’ArcelorMittal Florange avait fait déverser durant trois mois des cuves entières d’acide sur un crassier, au mépris de toutes les règles environnementales.

Après la presse régionale en Lorraine, c’est toute la presse nationale française qui s’est saisie ce mardi du possible scandale environnemental lié au témoignage d’un ex-travailleur intérimaire d’un sous-traitant d’ArcelorMittal à Florange – entre Thionville et Metz – qui a accusé le géant de la sidérurgie mondiale d’avoir cautionné le déversement de produits hautement toxiques, en provenance de ses usines, dans un crassier de la région.

«Je transportais l’acide usagé. Normalement, je devais le ramener dans un centre de recyclage. Mais on me disait de charger l’acide et d’aller au crassier, avec la complicité de salariés d’ArcelorMittal. Les bons de livraison n’indiquaient pas que c’était de l’acide. Ils indiquaient seulement que c’était de la boue de fer ou de la boue d’épuration», a déclaré, vidéo à l’appui, l’ancien chauffeur de camion, qui dit avoir procédé à cette opération durant trois mois, de décembre à février dernier.

Depuis, il a été licencié pour «rupture de discrétion commerciale» après avoir évoqué ses méthodes douteuses avec un collègue.

«Le fait de personnes isolées»

Hier, après ces révélations, les réunions se sont multipliées en Moselle. Une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet de Thionville, alors que la direction régionale de l’environnement en a lancé une autre, pour vérifier la traçabilité des déchets.

Michel Liebgott, président de la communauté d’agglomération du Val de Fensch, a, lui, assuré qu’il y avait bien eu des déversements d’acide, «mais on en ignore encore l’importance», a-t-il poursuivi, à la sortie d’une réunion avec les maires de Florange, d’Hayange et la direction d’ArcelorMittal.

Celle-ci a, pour sa part, déclaré n’être «en aucun cas à l’origine de prétendus déversements irréguliers sur la zone de stockage». 

«Si ces faits étaient avérés, ils seraient le fait de personnes isolées au sein d’ArcelorMittal ou des entreprises sous-traitantes», a encore ajouté le groupe dans un communiqué, tout en précisant qu’«aucun risque sanitaire ni environnemental pour les populations n’est à signaler».

Le sidérurgiste a encore indiqué attendre les résultats des différentes enquêtes en cours avant d’éventuellement déposer plainte.