PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Perspectives économiques

2017 déjà marquée par Trump et le Brexit



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En 2017, les mesures fortes annoncées par Donald Trump pourraient doper la croissance des États-Unis. (Photo: Licence C.C.)

Selon les prévisions de KBL epb pour 2017, la croissance devrait s’améliorer au niveau mondial. Même si le climat politique incertain bride un peu la progression.

2017 risque de ne pas être une année tranquille. Après le Brexit et l’élection de Donald Trump aux États-Unis, de nombreuses incertitudes planent sur les premières décisions attendues de la part des Britanniques et de la nouvelle administration américaine. Sans négliger des élections importantes en Europe, aux Pays-Bas (mars), en France (mai) et en Allemagne (octobre), et la crainte de voir les citoyens plébisciter des mouvements populistes.

En présentant ses prévisions pour l’année à venir, KBL European Private Bankers a mis en avant cette menace parmi les tendances les plus importantes à surveiller. «Il existe une désillusion par rapport à la mondialisation, aux phénomènes de délocalisation, aux flux migratoires et aux élites politiques déconnectées», analyse Jean-François Jacquet, chief investment officer de la banque privée luxembourgeoise.

Au niveau purement économique, cette tendance au repli nationaliste devrait provoquer un ralentissement du commerce international dans les prochaines années. Un mouvement qui aura des effets sur la prospérité globale. «Nous ne prévoyons pas un coup d’arrêt de la croissance, mais elle sera en dessous de son potentiel», note le CIO de la banque.

Selon lui, ce choc devrait créer un sursaut au niveau du monde politique, le poussant à corriger les excès de la mondialisation et à mieux partager les fruits de la croissance.

Numérisation et relocalisation

De son côté, Ilario Attasi, directeur de la recherche au niveau du groupe KBL epb, a pointé les risques de la numérisation et de la robotique intelligente par rapport à l’emploi. Notamment au niveau des métiers qui dégagent le moins de valeur ajoutée et qui sont les plus répétitifs.

«Aux États-Unis, on estime que 5 millions d’emplois pourraient être remplacés par des machines», note-t-il. Par contre, le côté positif de cette évolution est qu’elle devrait permettre la relocalisation de centres de production dans les pays développés. «Adidas a déjà rapatrié la production de certaines chaussures en Allemagne», cite pour exemple monsieur Attasi.

 Les indicateurs sont favorables.

Jean-François Jacquet, chief investment officer KBL epb

Malgré ces incertitudes, les perspectives envisagées par les stratégistes de KBL epb se montrent relativement optimistes pour 2017. Selon eux, la croissance mondiale sera en hausse. En Europe, elle devrait atteindre 1,5%, un chiffre réalisé en 2016 malgré l’annonce du Brexit.

«Les indicateurs sont favorables», précise Jean-François Jacquet. «La faiblesse de l’euro est favorable aux exportations, la consommation domestique est au rendez-vous, l’emploi s’améliore sur des marchés difficiles comme l’Espagne et on perçoit aussi des hausses de salaire dans certains pays.»

Les États-Unis devraient, à court terme, profiter des «trumponomics» - promesse de baisses d’impôts et de lancement d’importants travaux publics d’infrastructures – et voir leur croissance grimper pour la neuvième année consécutive. Elle pourrait atteindre 2,4%. Le Japon, malgré un problème de population vieillissante, prévoit une hausse de 1,2% et la Chine, toujours en phase de transformation, devrait encore connaître une progression de 7%.

«Au niveau des pays émergents, les fondamentaux s’améliorent également, surtout pour les pays exportateurs depuis le redressement des prix des matières premières», notent les deux spécialistes de KBL epb.

Bref, sans événement politique de trop grande ampleur, l’année 2017 pourrait réserver de bonnes surprises. Le risque principal? Un krach obligataire lié à une hausse subite des taux, explique Ilario Attasi, qui juge cependant que le scénario ne devrait pas se produire.