POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Le monde en ordre dispersé

Du «lockdown» anglais à l’espoir de Wuhan



Après s’être prononcé en faveur de l’immunisation collective, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a fini par décréter un confinement comme dans d’autres pays européens. (Photo: Shutterstock)

Après s’être prononcé en faveur de l’immunisation collective, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a fini par décréter un confinement comme dans d’autres pays européens. (Photo: Shutterstock)

Le monde continue d’avancer en ordre dispersé face à la pandémie de coronavirus: le Premier ministre britannique a décrété un «lockdown», les Chinois de Wuhan ont recommencé à sortir et les Américains hésitent.

Après avoir annoncé, dans un premier temps, ne rien vouloir changer aux habitudes des Britanniques, le Premier ministre Boris Johnson a commencé par donner une «simple consigne: restez chez vous».

Depuis hier soir, les Britanniques sont soumis à peu près aux mêmes règles que les Français. Ils ne seront autorisés à sortir de chez eux que pour des cas très limités, comme faire ses courses, aller travailler, se faire soigner ou faire de l’exercice une fois par jour, a précisé le chef du gouvernement conservateur dans une adresse à la nation. Les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits et tous les magasins de biens non essentiels, ainsi que les lieux de cultes, sont fermés au public.

M. Johnson, qui défendait l’immunisation collective, a dû se résigner après près de 400 décès en 10 jours.

Malgré 34 nouveaux décès (214 au total), le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, continue à rester sur une position d’immunisation collective. Les Pays-Bas interdisent toutes les réunions jusqu’au 1er juin, a annoncé le ministre néerlandais de la Justice Ferd Grapperhaus.

En France, le Premier ministre Édouard Philippe a écarté un confinement total, durcissant simplement les mesures applicables à un certain nombre de situations: le jogging doit rester à moins d’un kilomètre de chez soi et pour une heure, les autorisations de sortie doivent comporter l’heure dans cette circonstance; les marchés sont soumis à l’autorité communale qui doit juger de la pertinence de les fermer ou dans quelles conditions les laisser ouverts.

Depuis ce mercredi matin, la France est en état d’urgence sanitaire, dispositif légal qui permet au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires afin de faire face à la crise.

En Italie, le nombre de morts au cours de la journée a baissé. 6.077 personnes ont perdu la vie depuis l’arrivée du virus dans le pays.

La situation se corse aux États-Unis, où un tiers de la population est désormais soumise à des mesures de confinement, sur fond de 416 victimes et 33.000 personnes infectées, même s’il faut prendre ce chiffre avec prudence.

En Chine, dans la province de Wuhan, la population a été autorisée à sortir à nouveau, une heure par semaine, pour aller se ravitailler.