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E-commerce

Joompay, le projet russe secret



Le «Aldi du commerce en ligne» devrait lancer son e-Wallet à la mi-juillet depuis Luxembourg. (Photo: Paperjam)

Le «Aldi du commerce en ligne» devrait lancer son e-Wallet à la mi-juillet depuis Luxembourg. (Photo: Paperjam)

Info Paperjam – Le 13 juillet à 00h00, le leader russe de l’e-commerce lancera sa nouvelle solution de paiement depuis Windhof. Le «Aldi du commerce en ligne» veut taquiner Amazon. En commençant par la France.

Le compte à rebours tourne depuis des semaines. Sur fond de grues de chantier de construction,  le site internet de Joompay  renvoie à la date du 13 juillet à 00h00. Joompay? Un porte-feuille digital de Joom, le leader russe de l’e-commerce, qui n’existe pas encore, mais qui est préparé au Luxembourg.

Créé le 22 juin 2016 à Riga en Lettonie, où il a aussi rapatrié son quartier général tout en conservant des bureaux à Moscou, aux États-Unis, en Chine et à Hong Kong, Joom s’est imposé dans le monde de l’e-commerce à bas coûts. Montres à 4 euros, robes à 7 euros ou encore lunettes à 3 euros, les 10 millions de produits directement venus des usines chinoises, proposés sur le site et sur l’application, génèreront cette année plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires.

Les Russes ne pensaient pas que le marché français prendrait aussi bien que cela. En un an, les ventes y ont atteint 50% du chiffre d’affaires global, contre 45% pour la Russie. 40.000 nouveaux utilisateurs français téléchargeaient l’application au début de l’année.

«La prochaine étape consistera à aider les commerçants français à vendre leurs produits en Europe. Ensuite, nous viserons les marchands d’autres pays européens», expliquait le CEO en début d'année. «Si nous réussissons en France, nous réussirons en Europe.»

Une star russe des venture capitalists

De quoi rêver à voix haute de devenir au moins le numéro 2 en Europe, derrière Amazon. «Tout ce que je touche devient un réseau social. C’est mon karma!», confiait-il fin janvier à l’agence Reuters, lui qui fut à l’origine de Moikrug, de Classmates ou encore de MyCircle, avant de gérer les réseaux sociaux du géant Mail.ru, dont il était vice-président.

Ainsi les deux hommes ont-ils créé une holding luxembourgeoise fin avril, Joompay Holdings, avec  un vétéran russe de l’investissement de premier plan, Gregory Finger  (53 ans). Une filiale de celle-ci, Joompay Europe, attendrait selon nos informations une licence d’institution de monnaie électronique de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) pour lancer ses activités.

Contactée par e-mail pour tenter d’en savoir plus, Joom avait commencé par renvoyer... vers son service Marketing, qui s’occupe des partenariats. Mardi, elle dément toute procédure avec la CSSF, mais des discussions autour de services financiers pour ses clients.

(Cet article a été modifié mardi 25 juin après une réponse de Joom liée à la publication de l’article. Ont été modifiés le quartier général, déplacé à Riga, et l’absence de démarches auprès de la CSSF. Note de l’auteur.)