ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Le covid-19 redistribue les cartes

Finarta régale les galeries d’art digitales



Faute de galeries «à l’ancienne» et de foires internationales, les galeristes découvrent ou redécouvrent l’importance d’être bien connectées à des acheteurs potentiels. Là où Finarta a un rôle crucial à jouer. (Photo: Shutterstock)

Faute de galeries «à l’ancienne» et de foires internationales, les galeristes découvrent ou redécouvrent l’importance d’être bien connectées à des acheteurs potentiels. Là où Finarta a un rôle crucial à jouer. (Photo: Shutterstock)

Quatre ans après sa création, Finarta a trouvé son rythme de croisière avec 280 galeries d’art haut de gamme qui représentent 20% des œuvres d’art mondiales, selon son fondateur Gauthier de Vanssay. Un changement s’opère, qui pourrait amener la start-up beaucoup plus loin.

«La crise qu’on connaît est aussi source d’opportunités.» La phrase, assez passe-partout, est souvent le signe de reconnaissance des entrepreneurs qui ont ça dans le sang. Gauthier de Vanssay en est un. «Les foires internationales d’art, qui représentent au moins 40% du chiffre d’affaires des grandes galeries, ont disparu. Bâle, Miami, la Fiac, Maastricht. Et ce n’est pas demain la veille que les vendeurs d’art vont s’y retrouver.»

Du coup, dans un monde qui cultive souvent la discrétion, celui des ultrariches collectionneurs, comment faire pour connecter ceux qui produisent et ceux qui achètent? «Les galeries d’art ont besoin de se digitaliser. Pour 60% d’entre elles, il va falloir basculer. Les 40% les plus évolués ont déjà compris que c’était une question de survie», explique l’entrepreneur repéré par Alain Rodermann pour le Digital Tech Fund, il y a deux ans.

Finarta a réussi à attirer 280 galeries haut de gamme vers sa solution, qui représentent, selon lui, 20% du marché mondial de l’art. Chacune d’entre elles, triées sur le volet à coups de recommandations, de participations à un syndicat de ce cercle très fermé, de chiffre d’affaires supérieur à 30 millions d’euros par an ou présentant toutes les garanties d’honorabilité, s’acquitte de 2.500 euros par an dès qu’elle a réalisé au moins une vente grâce à la plateforme en B2B.

20 ventes ont été réalisées en 2019 pour 300.000 euros en moyenne, et l’année 2020 promet d’être encore plus prolifique.

Ces galeries trouvent ici le moyen non pas de présenter les œuvres qu’elles ont dans leur inventaire, mais de répondre à une recherche d’une galerie. «Ça sécurise beaucoup ce milieu», indique M. de Vanssay. «La galerie qui aura une œuvre correspondant à la description peut alors se mettre en rapport directement avec celui qui la recherche et faire affaire ou pas».

La suspension provisoire des foires a un autre impact sur le marché: là où les galeries insistaient pour que les artistes produisent pour pouvoir les présenter à plusieurs endroits, la suppression des événements ramène les artistes à une forme de rareté qui va doper le cours de leurs œuvres. Il faudra donc être bien connecté.