ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Localisation

Faut-il fuir la capitale?



273778.png

Vincent Eggen,  Vincent Bechet et Jean Wirion. (Photo: Maison Moderne)

Avec les problèmes de mobilité et l’évolution du coût du loyer, les entreprises ont-elles intérêt à quitter la capitale pour installer leurs bureaux à proximité des frontières? Réponses de Vincent Bechet (Inowai), Jean Wirion (commune de Koerich) et Vincent Eggen (Pictet Technologies).

Vincent Eggen. (managing director – Pictet Technologies) – «Plusieurs raisons justifient le choix de 
Pictet d’installer sa structure dédiée au développement technologique à Belval. La première est économique. La zone offre des surfaces moins chères à la location que Luxembourg.

Ensuite, le site lui-même, avec sa Cité des sciences, correspond mieux à l’état d’esprit de notre population, composée essentiellement de développeurs, geeks et autres amoureux de la technologie. L’ambiance y est moins marquée ‘finance’ qu’au Kirchberg, où se trouvent les bureaux de Pictet Asset Management.

L’accessibilité est aussi un élément important. Une grande partie de nos collaborateurs utilisent la voiture pour venir de France ou de Belgique. On perdrait une heure de plus par jour pour rejoindre Luxembourg. Je pense d’ailleurs qu’il y a très certainement un avenir pour des bureaux d’accueil aux abords des frontières, permettant aux frontaliers de commencer la journée en laissant passer le flux de trafic du matin et du soir avant de rejoindre la capitale.

Vincent Bechet . (managing director et partner – Inowai) – «L’idée de plus en plus partagée d’installer des bureaux proches des frontières est liée aux problèmes de mobilité que connaît la capitale. Ceux-ci s’expliquent par son succès économique et par la réalisation d’importants chantiers d’adaptation des infrastructures. Toutefois, si les zones décentralisées se développent, l’attractivité de Luxembourg-ville reste extrêmement forte.

En témoigne la poursuite des investissements au niveau du Kirchberg, le développement de la Cloche d’Or, de Howald ou de Leudelange. On ne peut pas parler d’exode. C’est toujours principalement à Luxembourg que l’on fait du business. 80 à 90% du stock de surfaces de bureaux se trouvent en ville. La décentralisation ne concerne que des activités de support ou des organisations qui emploient principalement des frontaliers, pour répondre à une exigence de meilleur équilibre entre vies privée et professionnelle. Considérant les problématiques de mobilité, les entreprises s’adaptent et trouvent des solutions pour fidéliser leur staff.

Jean Wirion. (bourgmestre de la commune de Koerich) – «La demande pour l’implantation d’activités économiques près des frontières est très importante. Nous pouvons le constater au niveau de notre zone d’activité de Windhof – l’Ecoparc – qui connaît un succès important. Celle-ci s’est développée en quelques années. Aujourd’hui, on n’y trouve d’ailleurs plus de terrains disponibles. Son attrait pousse des promoteurs à envisager de démolir certains hangars pour proposer des bureaux et densifier l’activité. Un projet d’extension de la zone fait son chemin.

Tout cela participe à une dynamique très intéressante pour la commune. Le principal vecteur de développement de ces zones d’activité proches des frontières réside dans la facilité d’accès à son lieu de travail. En étant proche de l’autoroute, à quelques kilomètres de la frontière, on répond aux exigences des travailleurs de disposer d’une meilleure qualité de vie. Un des enjeux est aussi de renforcer l’offre de transports en commun pour rejoindre la zone.»