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Faciliter l’accès de l’épargnant au private equity



Mickael Tabart, Partner, Head of Private Equity au sein de KPMG. (Photo: KPMG)

Mickael Tabart, Partner, Head of Private Equity au sein de KPMG. (Photo: KPMG)

L’ELTIF est amené à se développer dans les mois et les années à venir en se positionnant comme la clé de voute faisant se rencontrer la gestion alternative et les investisseurs retail. Toutefois, de nombreuses questions opérationnelles doivent encore trouver des réponses.

Entré en vigueur en 2015, le règlement ELTIF (European Long-Term Investment Fund) a pour objectif de soutenir le financement à long terme de l’économie européenne, notamment à travers l’investissement dans des projets d’infrastructures ou encore de PME. «La volonté, à travers ce produit, était notamment de pouvoir soutenir les PME, qui représentent 99% des emplois en Europe et représentent une source potentielle de croissance», explique Mickael Tabart, Partner, Head of Private Equity au sein de KPMG.

L’ELTIF n’a cependant pas rencontré le succès escompté. On ne dénombre aujourd’hui que 28 ELTIF représentant moins de 2 milliards d’actifs. Une révision du texte visant à faciliter l’accès à ce produit est actuellement à l’étude.

Deux mondes à concilier

Cependant, et indépendamment de cette évolution législative, on constate un intérêt nouveau et grandissant pour l’ELTIF de la part des grands gestionnaires dans le domaine du private equity désireux de capter une partie de l’épargne européenne. «Celle-ci n’a en effet jamais atteint un niveau aussi élevé, le taux d'épargne des ménages a atteint un niveau record à 16,9% dans la zone euro au premier trimestre 2020 tandis que le taux d'investissement des ménages a baissé à 8,7 %, explique Mickael Tabart. Dans un environnement où les taux bancaires sont historiquement bas, les investisseurs cherchent des alternatives aux investissements classiques. L’ELTIF, avec ses règles relatives à la protection des investisseurs ‘retail’, pourrait faciliter l’accès de ces derniers aux investissements private equity.»

Il s’agit toutefois de concilier deux mondes très différents. Les actifs private equity n’étant pas liquides, l’ELTIF limite fortement le rachat d’actions avant 5 ans. On parle donc de cycles d’investissement bien plus long que ceux des fonds classiques auxquels sont habitués les acteurs retail. 

Des enjeux opérationnels majeurs

Des questions essentielles, de nature opérationnelle, doivent par ailleurs trouver des réponses. «Les souscriptions dans les ELTIF seront-elles sous la forme d’engagements, ce qui semble plus en ligne avec la nature et le cycle d’investissement du produit? Ou seront-elles plus en phase avec les pratiques courantes dans les fonds classiques?», interroge Mickael Tabart. Il faut aussi trouver les moyens de calculer la Valeur Nette d’Inventaire de ces actifs, en tenant compte de leur matérialité, à la fréquence définie suivant le type de fonds choisi. Enfin, il faut aussi parvenir à satisfaire la réglementation MIFID, mettre en place PRIIPS et garantir la transparence sur les frais de gestion. «Des contraintes liées au monde retail qui pourraient freiner les gestionnaires alternatifs, plus habitués à gérer des grandes fortunes et des investisseurs institutionnels, commente Gabrielle Jaminon, Head of Regulatory Centre of Excellence Asset Management. L’expertise luxembourgeoise dans les fonds traditionnels et dans le domaine du private equity sera déterminante pour traiter ces enjeux opérationnels et donner un nouveau souffle au projet de la Commission européenne

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