POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Femmes de droit

Deux ans et une nouvelle présidente pour Lilla



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Marine Tarditi, counsel chez Allen & Overy, passe le relais de la présidence de Lilla à Mathilde Ostertag, partner chez GSK Luxembourg. (Photo : Lilla)

Lilla, l’association des femmes du secteur juridique, célébrait ses deux ans mardi soir dans les locaux d’Allen & Overy. Mathilde Ostertag succède à Marine Tarditi à la présidence.

Curiosité il y a deux ans, Ladies in Law Luxembourg Association (Lilla) est parvenue à faire son trou parmi les associations de professionnel(le)s de la Place. «Après une première année de découverte et très axée sur le networking, nous avons pu organiser, l’année passée, davantage d’événements plus caractéristiques afin de faire avancer les choses en matière de diversité sur la Place», estime Marine Tarditi , counsel chez Allen & Overy et présidente sortante de Lilla.

Avec, notamment, un «legal hackathon» présenté en collaboration avec l’Association luxembourgeoise des juristes de droit bancaire (ALJB): plusieurs équipes tentaient de trouver une solution à un cas d’entreprise sur un thème lié à la diversité. «De belles idées ont émergé», se félicite Mme Tarditi. «Cela nous a donné une belle force de frappe, et nous comptons garder en tête les solutions/conclusions de ce ‘legal hackathon’ afin de les faire appliquer dans les entreprises et cabinets d’avocats participants.»

Au programme, encore, des sessions plus techniques (blockchain), des formations ciblées («Lead like a woman»), des événements sportifs (yoga, boxe...)... «Nous travaillons actuellement à la mise en place d’un programme pour accompagner nos membres au niveau de leur plan de carrière (comment demander ou défendre une promotion). Nous organiserons des séances de coaching avec un jury afin de les mettre en situation.»

«Dès que nous avons lancé l’association, nous avons reçu d’excellents retours de femmes de tous âges qui nous ont encouragées et remerciées», poursuit-elle. «Au-delà d’une attente, j’ai eu très vite l’impression qu’il y avait un véritable besoin.» L’association compte d’ailleurs 20 cabinets d’avocats ou banques parmi ses membres.

La flexibilité peut offrir des solutions et permettre aux jeunes parents de continuer leur carrière sans être désavantagés.

Marine Tarditi,  présidente sortante de Lilla

«Lilla a le mérite de faire prendre conscience au management des difficultés» que rencontrent les femmes du secteur juridique, notamment pour briser le plafond de verre. «Nous sommes encore loin, mais nous avons une chance incroyable à notre époque, car ce n’est plus un non-dit. Nous sommes très mesurées et essayons d’avoir le ton juste.»

Le combat de Lilla reflète également l’évolution des mentalités dans le monde du travail, avec un maître-mot pour les femmes, comme pour les hommes. «La flexibilité peut offrir des solutions et permettre aux jeunes parents de continuer leur carrière sans être désavantagés», souligne Mme Tarditi.

«De plus en plus d’arrangements émergent par rapport à la vie personnelle, et le management est conscient qu’il faut évoluer et se montrer plus malléable.» Une tendance qui rejoint celle des générations arrivant dans le monde du travail, avec la volonté de travailler autrement.

Et comme «l’évolution des conditions des femmes passe par un changement de la vision des hommes», Lilla a modifié ses statuts pour pouvoir accueillir des membres masculins. «Il faut avancer main dans la main avec les hommes», insiste Mme Tarditi.

Ces deux bougies sont aussi l’occasion pour celle-ci de passer la main à Mathilde Ostertag, partner chez GSK Luxembourg, «qui gère à merveille une carrière exemplaire et une vie de maman à côté».