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Une autre vision du monde



Justine Blau réinvente la planète Mars à partir d'images de la Nasa. (Photo: D.R.)

Justine Blau réinvente la planète Mars à partir d'images de la Nasa. (Photo: D.R.)

L’étude Arendt & Medernach présente l’exposition «The world is blue like an orange», avec trois artistes photographes qui partagent une conception de la photographie comme une construction.

Poursuivant sa mission de soutien à la photographie contemporaine qu’elle mène depuis plus de 10 ans, l’étude Arendt & Medernach a choisi, avec le commissaire d’exposition Paul di Felice, de rassembler trois artistes qui utilisent le média de la photographie. Le titre «The world is blue like an orange» est tiré d’un poème de Paul Éluard et renvoie à divers aspects présents dans les œuvres choisies.

C’est d’abord la mise en avant de deux couleurs complémentaires qui s’opposent dans le cercle chromatique comme les images juxtaposées des artistes, dans la série «Easy Jet» de Sophie Jung, notamment. Ces couleurs mettent aussi en évidence l’opposition entre la terre et le soleil, entre l’homme et la femme. Par ce biais de la complémentarité, aussi une métaphore poétique de l’amour.

Sophie Jung, artiste luxembourgeoise lauréate du Edward Steichen Award Luxembourg 2013, expose aussi ses «White Balance» pour nous montrer une certaine faillibilité de la vérité photographique. Elle met en évidence la subjectivité du travail de l’artiste: ce qui est à un moment considéré comme la référence de blanc dans une prise de vue s’avère bleu, rose ou orange quand elle est agrandie et vue seule.

La luxembourgeoise Justine Blau questionne avec lucidité la scientificité de l’image dans sa nouvelle série. Ses photographies et installations mettent en scène une autre planète que la terre: la planète rouge, Mars. Par un jeu de montages, de couleurs et d’images puisées sur internet dans les archives de la Nasa, nous partons avec elle et devenons explorateurs de cette planète inconnue et fragile. 
Ce qu’elle nous montre n’est ni totalement inventé, ni absolument réel: c’est une construction narrative basée sur des images scientifiques.

Enfin, Irene O’Callaghan, artiste hispano-américaine, jongle avec des associations fortuites entremêlant l’aspect formel et l’anecdote personnelle. Fascinée par la représentation d’objets ou de détails, elle recrée des situations de similitudes et de ruptures. Sa grande photographie représentant un enfant qui plonge dans le bassin bleu de la piscine revisite, entre rêve et réalité, la Chute d’Icare dans une version contemporaine du mythe.



Créatives et sensibles au monde qui les entoure, les trois artistes sont des chercheuses d’images. En déconstruisant, associant et reconstruisant des paysages, des objets et des figures, elles réinventent un univers conceptuel résolument moderne, plein de poésie, de tensions et de pulsion créatrice.

Jusqu’au 12 septembre chez Arendt & Medernach au 14, rue Erasme (Luxembourg - Kirchberg)
Tous les samedis et dimanches de 9h à 18h.