LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Culture

La radicalité selon Heimo Zobernig



Vue de l’exposition Heimo Zobernig, Galerie Bärbel Grässlin, Frankfurt/Main, 2013. (Photo: Archiv HZ)

Vue de l’exposition Heimo Zobernig, Galerie Bärbel Grässlin, Frankfurt/Main, 2013. (Photo: Archiv HZ)

La nouvelle exposition proposée par le Mudam déploie, dans deux salles en miroir, les œuvres de l’Autrichien Heimo Zobernig.

C’est au premier étage du Mudam que l’exposition Heimo Zobernig vient d’être inaugurée. L’artiste, en concertation avec Clément Minighetti, le commissaire de l’exposition, a voulu tirer parti de l’architecture spécifique des lieux: deux salles qui se répondent en miroir. Aussi, l’une est consacrée à la peinture, uniquement des monochromes et l’autre à la sculpture de cet artiste autrichien, le premier à inaugurer une nouvelle série d’expositions. «Nous avons demandé à des artistes présents dans notre collection de déployer leur travail pour mieux faire connaître le contexte des pièces que nous possédons», détaille Enrico Lunghi, directeur du musée.
Le travail de l’artiste autrichien Heimo Zobernig utilise aujourd’hui des supports aussi divers que la peinture, la sculpture et la vidéo. Tous se caractérisent par une réduction radicale du vocabulaire formel pour mettre en évidence la signification et la fonction des composantes mêmes de l’art. Depuis plus de 30 ans, il réalise ainsi des objets sculpturaux qui, par leur réduction formelle, peuvent sembler succincts, voire accidentels – une impression volontiers renforcée par l’emploi de matériaux «pauvres» ou quotidiens: sa table de travail devient un objet architectural, telle la réduction d’un temple ou d’une maison.
Si les sculptures interrogent la limite entre l’art et la fonctionnalité, les peintures présentées se situent également dans un entre-deux: celui des deux ou trois dimensions, de l’objet ou de la couleur. L’artiste explore de manière tout aussi systématique les possibilités et les limites du support, plus particulièrement sous l’angle de l’abstraction, des arrangements de couleurs et de l’expression. En veillant à ce que son travail demeure foncièrement ambigu, l’artiste interroge avec autant de subtilité que de persévérance l’art comme expérience spatio-esthétique.

Exposition à voir au Mudam du 26 avril au 7 septembre 2014.