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Dette souveraine et investissement durable: les défis



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Les défis de l’investissement durable dans l’univers de la dette souveraine Photo: Fidelity International

Les discussions des investisseurs avec les gouvernements sur des problématiques de durabilité sont bien plus difficiles qu’avec les entreprises. En dépit de ces défis, y parvenir de manière constructive peut se traduire par une croissance économique plus forte pour les pays et par un alpha positif pour les investisseurs.

Les défis des investisseurs en obligations souveraines

Premièrement, divers groupes aux revendications contradictoires interagissent avec les responsables politiques, notamment le secteur privé, les syndicats, les organisations non gouvernementales et bien sûr, les électeurs. Les investisseurs obligataires peuvent se retrouver en dernier sur la liste des priorités.

De plus, il n’est pas toujours évident d’identifier où le pouvoir réside réellement. Chaque pays possède ses propres procédures officielles et officieuses de prise de décisions politiques.

Ensuite, il y a la question de l’influence qu’un investisseur peut avoir. En effet, une proportion importante des détenteurs de dette souveraine, comme les Banques Centrales, les gouvernements étrangers et les investisseurs institutionnels locaux, sont des acheteurs «insensibles».

Même des investisseurs discrétionnaires peuvent ne pas partager les mêmes intérêts pour des problématiques de durabilité. Ce manque d’alignement entre les détenteurs d’obligations souveraines signifie que ceux qui souhaitent soulever des questions ont souvent peu de poids. Une façon évidente d’atténuer ce risque serait que les investisseurs discrétionnaires se regroupent pour faire entendre leur voix sur des questions préalablement convenues. Toutefois, même cela est encore plus difficile qu’il n’y paraît, car les gestionnaires d’actifs ont pour mission d’exécuter les mandats de leurs clients, lesquels se distinguent par diverses priorités et divers objectifs de durabilité.

L’engagement auprès d’un État peut être bénéfique pour les deux parties

L’amélioration des normes, en particulier sur le plan de la gouvernance, peut contribuer à donner un coup de fouet à la croissance macroéconomique, à accroître le niveau de vie, à augmenter les recettes fiscales attendues et à réduire la probabilité de voir un pays ne pas être en mesure d’honorer ses dettes.

La gouvernance au service de la croissance

La gouvernance est l’enjeu de durabilité avec la plus grande influence sur la croissance économique et donc sur les obligations souveraines. Par exemple, la lutte contre les pots-de-vin et la corruption ouvre des marchés à de nouveaux investisseurs et réduit le coût des affaires pour les entreprises privées, permettant ainsi de dynamiser la croissance de l’économie globale.

Les facteurs sociaux et environnementaux

Outre les effets positifs évidents en matière de bien-être, il existe moins d’éléments attestant que l’amélioration des conditions sociales et environnementales a une corrélation aussi forte avec la croissance économique. Mais il est indiscutable qu’elles peuvent nuire aux perspectives de croissance si les gouvernements les ignorent.

Les indicateurs sociaux peuvent également constituer un risque pour l’économie. L’injustice ou le traitement des minorités ethniques peuvent conduire à des troubles pouvant avoir un impact négatif sur la croissance.

Quel cadre pour examiner la question de durabilité dans la dette souveraine?

Chaque pays est unique, mais il existe certaines mesures que les investisseurs peuvent prendre pour se forger une opinion plus éclairée des obligations souveraines:

■ Le point de départ est l’analyse des données. La Banque Mondiale, le FMI et d’autres organisations supranationales produisent des statistiques qui servent de référence pour analyser un pays précis. Les données ont tendance à être plus solides pour les facteurs liés à la gouvernance, si bien que pour ce qui a trait aux problématiques environnementales et sociales, il est souvent préférable de compléter les données par des études de cas.

■ La collecte des informations. Chaque pays possède sa propre histoire et sa propre culture, ce qui exige une approche flexible et réactive. Il est souvent préférable de concentrer ses efforts sur les aspects les plus perfectibles de la structure des affaires d’un pays, car c’est là que des gains marginaux sont le plus susceptibles d’être réalisés.

■ Un engagement actif. L’instauration d’un dialogue avec les principaux responsables politiques aide à comprendre les objectifs à long terme et la détermination des dirigeants d’un pays.

■ La modélisation, l’analyse et la recommandation d’investissement. Les facteurs de durabilité peuvent faire une différence dans la recommandation finale d’investissement.

■ Le suivi. En tant qu’investisseurs, nous voulons que les gouvernements mettent en œuvre des politiques commerciales positives et ne s’écartent pas de leurs objectifs définis. Les progrès se doivent d’être constants et tout arrêt doit être examiné. Le dialogue avec des responsables politiques est idéalement un parcours de longue haleine, de sorte que la relation se développe et que des améliorations politiques puissent être continuellement apportées.

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