LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Bien-être

Lexique

Dans l’univers de la «médecine» non traditionnelle



L’acupuncture est tirée de la médecine traditionnelle chinoise et consiste à soulager les maux en stimulant certaines zones du corps. (Illustration: Shutterstock)

L’acupuncture est tirée de la médecine traditionnelle chinoise et consiste à soulager les maux en stimulant certaines zones du corps. (Illustration: Shutterstock)

Entre les applications de méditation, les confé­rences en ligne, les livres de développement personnel, les séances d’hypnose sur YouTube et les cabinets de sophrologues… un réel business s’est développé autour du bien-être.

Pour réduire le stress ou soulager les douleurs, beaucoup se tournent vers des méthodes «différentes» de la médecine traditionnelle. Les études à leur sujet divisent bien souvent la communauté scien­tifique. Mais pour certains patients, «ça marche». Alors, à chacun de se faire son avis, en prenant garde aux possibles arnaques ou dérives sectaires. Pour ce faire, voici un lexique non exhaustif des méthodes les plus connues.

Les techniques de détente…

La méditation

Installez-vous confortablement. Inspirez, expirez… Et voilà, vous êtes en train de méditer. La pratique existe depuis de nombreuses années et s’inscrit dans plusieurs traditions religieuses, mais elle s’est laïcisée au 21e siècle, notamment avec la notion de pleine conscience. Il suffit de fixer son attention sur l’instant présent, en suivant son souffle, par exemple, ou les sensations de son propre corps. On entend souvent parler de MBSR, pour mindfulness-based stress reduction (réduction du stress basée sur la pleine conscience), en référence à un programme développé par le professeur de médecine Jon Kabat-Zinn en 1979. Selon plusieurs études, sa pratique permet de réduire ruminations et stress, et donc tous les risques qui y sont liés. On peut aussi bien la pratiquer de manière guidée, avec un audio, ou seul, en se concentrant juste sur sa respiration pendant plusieurs minutes, de préférence avec un chronomètre, pour ne pas s’inquiéter du temps.

La sophrologie

La sophrologie ressemble un peu à la méditation, mais ajoutez-y des exercices de relaxation et décontraction musculaire, ainsi que de visualisation positive. On parle là aussi de réduction de la douleur, d’amélioration du bien-être, ou encore de libération d’addictions, mais les études divisent et, en France, la Miviludes (Mission inter­ministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) l’inscrit dans son lexique des méthodes non conventionnelles qui, outre leur dangerosité potentielle pour certains, «­permettent à leurs concepteurs d’obtenir des revenus très confortables».

L’hypnose

L’hypnose correspond à un état «modifié» de la conscience, qui se situe entre la veille et le sommeil. On l’utilise de manière thérapeutique pour en­voyer des messages au cerveau, qui les intérioriserait mieux que lorsqu’il est dans un état conscient. Les suggestions mentales sont alors diverses, pouvant aller d’une meilleure confiance en soi à un arrêt du tabac. Certains hôpitaux l’uti­lisent aussi auprès de leurs patients pour ré­duire la douleur. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en France, estime que les études montrent son intérêt en anesthésie peropératoire ou dans la colopathie fonctionnelle (côlon irritable), mais que ces dernières sont insuffisantes concernant d’autres bienfaits, comme le sevrage tabagique, par exemple. En apprenant les différentes étapes permettant d’en­trer dans cet état, on peut également pratiquer l’autohypnose. Entre respirations profondes et détente du corps, elles ressemblent beaucoup à celles de la méditation.

Des praticiens différents…

L’acupuncture

Comme l’hypnose, l’acupuncture fait partie des techniques non conventionnelles que l’on peut retrouver dans plusieurs établissements de soins traditionnels pour apaiser la douleur ou diminuer les effets secondaires d’un traitement. La pratique puise ses origines dans la tradition médicale chinoise. Lors d’une séance, le praticien stimule avec des aiguilles certaines zones précises, appelées points d’acupuncture. On en aurait chacun 361 au total. Et ce, pour rétablir la circulation de l’énergie dans le corps au travers des différents ­méridiens, ou canaux d’énergie.

Le biofeedback

Entraîner son cerveau à mieux se concentrer ou son rythme cardiaque à ralentir afin d’être plus détendu, c’est ce que propose le biofeedback. Dans le premier cas, il s’agit de neurofeed­back; dans le second, de cohérence cardiaque. Les deux ont pour but de mesurer des fonctions organiques afin de les contrôler pour améliorer d’une manière ou d’une autre sa santé. Par exemple, lors d’une séance de neurofeedback, un exercice consiste à regarder un film dont la qualité varie selon le niveau de stress, ce qui est censé agir comme un système de punition/récompense pour le cerveau. En cohérence cardiaque, on respire à un certain rythme pendant cinq minutes, pour rééquilibrer son rythme cardiaque au cours des heures suivantes.

Le reiki

D’origine japonaise, le reiki (pour «énergie de l’esprit») mêle méditation, relaxation et rééquilibrage des énergies par le toucher. Il vise ainsi à améliorer le bien-être et à apaiser certaines douleurs. Les dangers de dérives sectaires qui y sont liés inquiètent la Miviludes.

Et des outils différents…

L’homéopathie

Arnica, Oscillococcinum, Rhinallergy… les «­médicaments homéopathiques» sont connus. On en vend en pharmacie, et certains sont même pris en charge par la Caisse nationale de santé (CNS). Pourtant, différentes études parlent plutôt d’un effet placebo. Le ­principe consiste à soigner un patient en diluant fortement des substances qui, si elles étaient concentrées, provoqueraient les mêmes symptômes que ceux qu’il rencontre.

La lithothérapie

Autres médicaments alternatifs: les pierres. La lithothérapie prône les bienfaits de cristaux pour soigner différents maux, physiques ou mentaux, par leur résonance, chacun ayant des propriétés différentes. Si certains vantent leurs effets bénéfiques, là encore, on parle surtout d’effet placebo.

L’aromathérapie

Si certains aiment leur odeur, les effets des huiles essentielles pour se relaxer ou soigner certains maux ne mettent pas tout le monde d’accord. Extraites de plantes et distillées, donnant une version liquide hautement ­concentrée, elles peuvent même être nuisibles si elles sont mal utilisées, voire entrer en contradiction avec certains traitements. Il est donc recommandé de consulter son médecin au préalable.

Les fleurs de Bach

Au nombre de 38, chaque fleur de Bach est censée remédier à un problème différent: manque d’énergie, sentiment de solitude… Il s’agit, selon leurs concepteurs, de fleurs particulières (issues du jardin de leur fondateur, Edward Bach) qui sont ajoutées à de l’eau de source, traitées par solarisation ou ­ébullition, mélangées avec du brandy, puis diluées. Encore une fois, on note surtout un effet placebo.

La luminothérapie

Les petites baisses de moral en hiver peuvent s’expliquer par le manque de lumière du soleil, qui semble chaque jour se coucher trop tôt. Pour remédier à la dépression saisonnière, ­plusieurs études vantent les mérites de la luminothérapie, une thérapie par la lumière. Il s’agit d’exposer quotidiennement ses yeux à un écran ou une lampe de luminothérapie, généralement pendant 30 minutes, diffusant une lumière blanche dont l’intensité (environ 10.000 lux), différente selon les modèles, s’apparente à celle du soleil. L’objectif étant de synchroniser les rythmes biologiques. On peut se procurer ce genre d’appareil dans certaines pharmacies ou des magasins d’électroménager, ou ­consulter un luminothérapeute.

Les sports axés sur le bien-être

Le sport peut également servir d’outil pour améliorer sa santé. De la course à pied au tennis, tous ont leurs bienfaits, physiques, mais aussi moraux, par la libération de dopamine, l’hormone du plaisir. Certains se veulent particulièrement axés sur la détente et le bien-être. C’est le cas du yoga, qui trouve ses origines en Inde. En Occident, on le pratique en suivant différentes postures associées à des exercices de respiration. À ne pas confondre avec les pilates, inventés au début du 20e siècle par Joseph Pilates. Il s’agit d’une série d’exercices pour améliorer la posture et la souplesse, tout en renforçant les muscles, où l’on se concentre plus sur le côté physique que spirituel. Autre exemple, le qi gong est une gymnastique traditionnelle chinoise où l’on associe sa respiration à des mouvements lents et doux.

Cet article a été rédigé pour l’édition magazine de  Paperjam datée de février  qui est parue le 27 janvier 2021.

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