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Construire l’entreprise de demain, c’est possible



Construire l’entreprise de demain, c’est possible. ( Crédit : P’OP )

Construire l’entreprise de demain, c’est possible. ( Crédit : P’OP )

Après la crise sanitaire de ces dernières semaines, les aspirations professionnelles ont changé pour 47% des répondants. De nouveaux sens se dessinent!

Ce Momentum donne aux entreprises une occasion unique, celle de réengager leurs collaborateurs sans tenter frénétiquement de retenir les ‘ meilleurs ’.
 Béatrix Charlier 

 Béatrix Charlier ,  Coach individuel et d’entreprise ,  P’op

Accueillir à nouveau

Si la question des conditions sanitaires du retour des collaborateurs est au cœur des préoccupations de chaque structure aujourd’hui, il reste une autre appréhension plus sourde, plus complexe et donc difficile à formuler: celle de leur réengagement.

C’est là tout l’enjeu actuel. Comment accueillir à nouveau les membres de chaque équipe alors que les sensations provoquées par le confinement de ces trois derniers mois ont heurté de plein fouet les sphères professionnelle et privée de chacun d’entre nous.

Toutes et tous, nous avons été bousculés dans nos rapports au monde, au travail, à la famille, à nos proches et à nous-mêmes.

Si, comme les premiers retours du terrain le suggèrent, les collaborateurs ont de nouvelles attentes par rapport à leur travail, comment dès lors créer un environnement professionnel qui leur donne envie de s’investir à nouveau? 

Pour tenter de répondre à cette question, P’OP a réalisé une nouvelle enquête destinée à mettre au jour les nouvelles attentes des collaborateurs, à comprendre ce qui a bougé pour anticiper leur retour tout en questionnant les systèmes de valeurs des différentes générations.

Des chemins de loyauté éphémères

Construire l’entreprise de demain, c’est possible !Les enjeux du retour dans les entreprises après la crise sanitaire. P’OP

Construire l’entreprise de demain, c’est possible !Les enjeux du retour dans les entreprises après la crise sanitaire. P’OP

Le premier indicateur de cette 3e enquête révèle que 27% des collaborateurs, toutes générations confondues, ont l’intention de quitter leur emploi actuel. Par rapport aux deux précédentes enquêtes de 2016 et de 2017, cet indicateur présente une baisse de près de 30%. Si l’on s’en tient aux seuls représentants de la génération «Y» (nés entre 1978 et 1995), les Gamers du Turnover, ils ne sont plus aujourd’hui que 30,7% à rêver à de nouveaux horizons. Nous sommes loin des 60,5% qui le revendiquaient en 2016!

Ce premier indicateur est bien entendu inhérent à «l’effet crise»! L’inquiétude crée des chemins de loyauté. Dans cette période de doute et d’incertitude, le besoin de sécurité devient l’un des premiers besoins à combler. Attention toutefois à ne pas tirer de conclusions hâtives sur ces chiffres dont la volatilité reste l’un des attributs, surtout en ce qui concerne les Millennials, comme nous le verrons plus loin.

De nouveaux sens se dessinent

Le second indicateur parlant est relié à la question: «Après la crise sanitaire de ces dernières semaines, est-ce que vos aspirations professionnelles ont changé?»

La réponse est oui pour 46,7% des répondants!

En tête viennent les représentants des générations «X» (nés entre 1966 et 1977) et «Y» (nés entre 1978 et 1995) à raison de 49,5% pour chacune d’elle. Ils sont suivis par 41% des New Joiners, ceux de la génération «Z» (nés entre 1995 et 2012) fraîchement embarqués! En fin de marche, 38% des Baby Boomers (nés entre 1945 et 1965) s’allient à cet avis.

Ce score est d’autant plus éloquent qu’il nous informe de manière claire sur ces nouvelles aspirations. Si l’on s’en tient au taux moyen, toutes générations confondues, leur classement est le suivant:

1. M’investir pour une entreprise dont les valeurs sont alignées avec les miennes (50%);

2. Travailler plus près de mon domicile (45%);

3. Réduire mon temps de travail, même si je gagne moins (40%);

4. M’investir dans des actions qui ont un impact pour l’environnement (28%);

5. Changer d’orientation professionnelle (21 %).

Construire l’entreprise de demain, c’est possible !Les enjeux du retour dans les entreprises après la crise sanitaire. P’OP

Construire l’entreprise de demain, c’est possible !Les enjeux du retour dans les entreprises après la crise sanitaire. P’OP

Des valeurs aux vertus

«M’investir pour une entreprise dont les valeurs sont alignées avec les miennes» arrive en tête des nouvelles aspirations. Ce nouveau besoin centré sur les valeurs n’est pas seulement une affaire personnelle, il annonce une nouvelle exigence, celle de l’authenticité. Afficher les valeurs de l’entreprise sur des murs, qu’ils soient physiques ou virtuels, n’est plus suffisant. Redonnons-leur du sens! Voilà ce que ces premiers résultats semblent nous dire.

La culture d’entreprise ne se décrète pas, ne se déclame pas, elle se vit et elle s’incarne!

Les deux aspirations suivantes semblent émaner davantage de la sphère privée. Il y a là une ressource dont la gestion a été questionnée lors de ce confinement: celle du temps. Si les 24 heures d’une journée sont la seule ressource par rapport à laquelle tout être humain est à égalité, nous nous sommes déjà toutes et tous posé la question de savoir comment gagner du temps, et il semble que le confinement ait apporté deux nouveaux éclairages à cette question.

Le premier vise à éviter de perdre du temps, en réduisant le temps de déplacement et surtout le temps gaspillé dans les bouchons. Le second, plus engagé si j’ose dire, revoit la répartition du temps dédié à sa vie privée. De cela naît pour certains une nouvelle intention, celle de travailler moins, même si cela veut dire gagner moins d’argent! L’expérience du télétravail a permis de domestiquer le travail, de lui redonner une place. Il y a une vie à vivre pleinement et non un espace de vie restant une fois que l’on a fini de travailler!

Assiste-t-on à l’émergence de nouvelles libertés?

Que l’on en ait manqué ou retrouvé, durant ce confinement, notre rapport au temps a joué le rôle de révélateur. Pour celles et ceux qui en ont disposé, ils ont pu ébaucher de nouveaux projets, se doter d’une autre vision, rêver à d’autres possibles. En un mot, accéder à un espace de libertés.

Ce besoin de liberté, valeur emblématique de la génération «Y» avant la crise sanitaire, n’a pas changé. En effet, l’aspiration à changer d’orientation professionnelle est majoritairement portée par les Millennials, à raison de 34,7%.  Croire que la crise actuelle va réduire leur besoin de bouger serait donc une grave erreur. Leur quête de sens les porte constamment à se réinventer!

Ce n’est pas en perfectionnant la bougie que l’on a inventé l’électricité!

Construire l’entreprise de demain, c’est possible! Les enjeux du retour dans les entreprises après la crise sanitaire. P’OP

Construire l’entreprise de demain, c’est possible! Les enjeux du retour dans les entreprises après la crise sanitaire. P’OP

Penser que le Covid-19 ne nous a pas aussi fait de cadeau serait une erreur. Avec sa rupture, il nous a offert une opportunité! En effet, tout progrès commence par une rupture et une approche nouvelle: ce n’est pas en perfectionnant la bougie que l’on a inventé l’électricité. L’enjeu actuel des entreprises est d’intégrer la rupture, et si j’ose dire les ruptures.

Comme l’avait révélée notre enquête sur «Le Turnover de la génération Y» de 2016, une crise du sens existait au sein des entreprises bien avant le confinement. Celui-ci nous a simplement propulsés dans le monde des Millennials en nous contraignant à nous questionner sur ce que travailler signifie pour nous aujourd’hui.

Ce Momentum donne aux entreprises une occasion unique, celle de réengager leurs collaborateurs sans tenter frénétiquement de retenir les «meilleurs». La première action simple à poser est celle d’écouter: écouter pour comprendre les besoins émergents des collaborateurs à leur retour.  La seconde pourrait être celle d’inventer: inventer un nouveau tempo pour proposer de nouveaux aménagements de temps, de nouveaux horaires. Et finalement, la troisième action devrait viser à éclairer. Éclairer les talents dormants pour que chacune et chacun puisse jouir à nouveau du plaisir d’apprendre et d’évoluer.

Trois premiers pas, simples et puissants à poser, pour qu’au prochain printemps nous puissions ensemble célébrer ces ruptures et nos progrès!