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Notre économie pour demain (1/6)

Des chaînes de valeur visibles, flexibles et résilientes



Confrontées à des pénuries de matériaux, des entreprises ont eu parfois du mal à trouver des solutions par manque d’une bonne visibilité quant à la chaîne de valeur. (Photo: Shutterstock)

Confrontées à des pénuries de matériaux, des entreprises ont eu parfois du mal à trouver des solutions par manque d’une bonne visibilité quant à la chaîne de valeur. (Photo: Shutterstock)

Le ministre de l’Économie, Franz Fayot, vient de dévoiler la feuille de route «Ons Wirtschaft vu muer» (Notre économie pour demain). Paperjam vous livre l’analyse de ses six composantes-clés et des projets pilotes à court terme qui doivent les accompagner.

Être en ordre de bataille à l’horizon 2025 pour faire face aux défis futurs est l’ambition de la feuille de route «Ons Wirtschaft vu muer» présentée par le ministre de l’Économie Franz Fayot (LSAP). Elle s’articule autour de six composantes-clés et de plusieurs projets pilotes pour les soutenir.

L’une de ces composantes, dont Paperjam livrera les détails dans les jours à venir, vise à «développer des chaînes de valeur stratégiques et durables». La chaîne de valeur est l’ensemble des composantes d’une entreprise qui, par les processus et les interactions, vont successivement apporter de la valeur au produit pour le client. Cela va de l’approvisionnement de base pour la fabrication de ce produit au service après-vente qui doit être assuré. «Plus une chaîne est éclatée ou mondialisée, plus elle est fragile», notent les économistes. Ainsi, l’assemblage d’un vélo peut rapidement être mis à mal si les 50 pièces qui le composent viennent de 50 endroits différents dans le monde, et qu’une seule vient à manquer.

Or, la chaîne de valeur est décisive pour une entreprise puisque plus elle est efficace, plus elle offrira des possibilités de performance supérieures à ses concurrents.

Cette composante-clé définie par le ministère de l’Économie est donc centrale, et est le fruit des différents constats dressés suite à la crise sanitaire. La pandémie a en effet entraîné de manière presque immédiate et évidente des perturbations «importantes dans l’industrie manufacturière et les réseaux d’approvisionnement». De nombreuses entreprises ont dû, au pied levé, trouver des alternatives suite à des pénuries de matériaux, par exemple. «Ce qui n’a pas toujours été facile du fait de la visibilité limitée des chaînes d’approvisionnement», explique le ministère. Le grand public a lui aussi très vite mesuré concrètement ces difficultés, notamment quand, par exemple, les masques ont commencé à manquer.

Attirer ou relocaliser des productions industrielles

«La crise a démontré l’importance des opérations logistiques sans interruption et la nécessité de mettre en œuvre des chaînes de valeur stratégiques flexibles et résilientes», avance Franz Fayot.

Pour le ministre, la période post-crise doit être mise à profit pour décliner un programme «assurant la résilience des secteurs de la fabrication industrielle, des chaînes d’approvisionnement et de la logistique», sans perdre de vue les objectifs environnementaux du pays. L’ambition est aussi d’attirer ou de relocaliser des activités industrielles. Avec comme atouts la «réputation numérique du pays» et «la possibilité de disposer d’une licence de fabrication personnalisée utilisable au niveau européen».

Le ministre voit dans la numérisation et l’application de nouvelles technologies aux processus industriels une réelle opportunité, depuis la fabrication jusqu’au service après-vente. La «numérisation de la fabrication, et avec elle la possibilité d’une personnalisation sans fin, entrouvre un potentiel de développement de nouvelles chaînes de valeur stratégiques et/ou de relocalisations de l’industrie», met en avant la feuille de route. 

Mais il s’agira aussi de donner plus de visibilité aux chaînes, de mieux relier l’offre à la demande, de fluidifier les processus de décision…

Les nouvelles chaînes de valeur devront donc être plus fluides, plus visibles, plus efficaces, cela d’un bout à l’autre.

Des chaînes circulaires et donc moins dépendantes des importations

Le ministère voit là l’occasion de faire coup double avec la mise en place de chaînes de valeur circulaires, moins dépendantes des importations de matières premières et donc plus résilientes.

Il est donc convenu de soutenir «l’établissement de chaînes de production et de valeur industrielles régionales tirant parti des technologies de production numériques, comme l’impression 3D, et cela dans des secteurs économiques stratégiques». Cela fera notamment du sens dans le domaine des soins de santé.

Par ailleurs, «il sera essentiel d’augmenter la visibilité des chaînes d’approvisionnement stratégiques, par la mise en œuvre d’une approche d’atténuation des risques au sein de cette chaîne». Les entreprises devront aussi être sensibilisées au développement de processus de gestion de risques robustes et à la mise en place de plans de continuité des activités. 

Dans son plan, le ministère s’engage, enfin, à explorer la possibilité d’établir de nouvelles chaînes de valeur au sein de la Grande Région.

Cette composante-clé sera donc en lien direct avec celle visant à «accélérer la numérisation de l’économie au profit de la société» et celle qui ambitionne de «mener la transition vers l’économie circulaire par le numérique». Plusieurs projets pilotes à court terme seront aussi un apport pour elle.