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recherche scientifique

Le cerveau des entrepreneurs décrypté



Certains candidats seront invités à venir au CHU de Liège pour des examens plus approfondis. (Photo: Shutterstock)

Certains candidats seront invités à venir au CHU de Liège pour des examens plus approfondis. (Photo: Shutterstock)

Un chercheur de HEC Liège et le neurologue Steven Laureys viennent de débuter une étude scientifique qui a pour ambition de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau d’un entrepreneur. Et de savoir, notamment, si ses capacités sont innées ou acquises. 

Pour stimuler l’esprit d’entreprendre, pourquoi ne pas essayer de comprendre comment fonctionne le cerveau d’un entrepreneur? C’est le défi que veulent relever Frédéric Ooms et Steven Laureys, expliquent nos confrères de La Meuse. Une démarche ultra-sérieuse, puisque le premier cité est chercheur à HEC Liège tandis que le second est un neurologue à la réputation mondiale. Souvent cité comme un futur prix Nobel, Steven Laureys est un expert de la neurologie de la conscience et du coma profond. Dans le cadre de ses recherches, il a déjà exploré le cerveau du moine tibétain Matthieu Ricard ou de l’apnéiste Guillaume Néry.

Soutenue par la Région wallonne, l’étude a débuté en janvier et entre dans un cadre plus large, celui de déterminer des méthodes pour stimuler l’entrepreneuriat chez les jeunes ou auprès de personnes en cours de carrière. Des études ont déjà été menées en ce sens. Mais ici, Frédéric Ooms a voulu aller plus loin et voir comment réagit réellement le cerveau d’un entrepreneur. Ce qui constitue une première mondiale.

Les comparer avec les cerveaux des managers et des gestionnaires

C’est à ce niveau que le professeur Laureys intervient. «Le but, c’est de voir comment est fait le cerveau d’un entrepreneur», précise-t-il à La Meuse. «On fait d’abord une enquête en ligne. On a besoin, pour cela, d’entrepreneurs, qu’ils aillent sur le site et qu’ils répondent au questionnaire en ligne . Ce qui permettra, ensuite, à des psychologues et à mon labo de décoder leur manière de réfléchir, leur plus grande résistance au stress ou leur plus grande capacité à accepter l’incertitude, par exemple. Mais après cette étape, on veut aller plus loin. Une partie des répondants sera ainsi invitée à venir au CHU de Liège, où on leur mettra des électrodes pour voir comment réagit leur cerveau à différentes situations. Enfin, on passera ensuite à l’IRM, pour faire une photo de leur cerveau.»

Par la suite, il s’agira de comparer les cerveaux de managers et de gestionnaires en entreprise avec ceux de personnes qui ont créé leur propre business. Si des différences apparaissent, il s’agira alors de savoir si elles sont innées ou acquises. «Pour l’instant, on a une série d’hypothèses, mais surtout de grandes questions. En Belgique, on a notamment certaines images toutes faites du Flamand et du Wallon. Est-ce qu’il s’agit uniquement de différences culturelles? En tant que Flamand néerlandophone, je suis curieux de voir ça. Il y a beaucoup de choses à regarder pour voir ce qui donne cette fibre de l’entrepreneuriat. C’est toute la question de l’œuf ou de la poule», termine Steven Laureys.