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Accompagner l’engagement des jeunes au quotidien



Philanthropie – Philippe Depoorter veut donner la parole aux jeunes grâce à la philosophie «I CAN».  (Photo: Mike Zenari/Archives Paperjam)

Philanthropie – Philippe Depoorter veut donner la parole aux jeunes grâce à la philosophie «I CAN». (Photo: Mike Zenari/Archives Paperjam)

De la philanthropie à «l’effet Greta», la mobilisation citoyenne a pris un nouveau visage. Ou plutôt une multitude de visages. La Banque de Luxembourg et la Fondation UP lancent une nouvelle initiative autour du design thinking pour soutenir cette évolution.

Face aux grands enjeux sociétaux, chaque geste compte, aussi infime soit-il. L’année 2019 a été marquée par une mobilisation sans précédent de la jeunesse contre le réchauffement climatique, avec comme figure de proue Greta Thunberg. «Les jeunes ne veulent pas uni­quement soutenir ce mouvement, ils veulent être ce mou­vement», souligne Philippe Depoorter , membre du comité exécutif de la Banque de Luxembourg.

L’institution, qui s’est penchée dès 2008 sur la philanthropie et a participé à l’émergence de son écosystème au Luxembourg, voit dans ces mouvements une nouvelle manière de s’attaquer aux problèmes. «Les problématiques sociétales continuent à se multiplier alors que la philanthropie se heurte à ses propres limites», pointe Philippe Depoorter.

Penser et agir dans le concret

La banque a dès lors décidé de poursuivre son engagement sociétal autour d’une nouvelle posture et en s’adressant tout d’abord aux jeunes. «Nous voulons favoriser le développement d’une posture d’être humain plus ouvert, plus engagé, sans être dans le giving back, qui s’apparente à une forme de culpabilité, comme pour solder une dette», ajoute Philippe Depoorter.

Avec la montée en puissance de la conscience climatique et l’importance de la notion d’«impact» dans l’économie, le terreau semble fertile pour écrire un nouveau chapitre. Pour apporter sa contribution, la Banque de Luxembourg s’est associée à la fondation UP (fondation de droit privé soutenue par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse qui promeut l’éducation au sein de la société civile) pour introduire la philosophie «I CAN» au ­Lux­­em­bourg.

Lancée par le mouvement international Design for Change (DFC), cette méthode ludique basée sur le design thinking encourage les jeunes à résoudre des problèmes qu’ils rencontrent au quotidien et qui les concernent directement. «Nous voulons donner un outil et une méthode qui puisse s’appliquer au pays. Le design thinking peut favoriser l’action des jeunes en identifiant la problématique et la mise en œuvre de solutions et d’actions individuelles – ou en groupe – qui sont au profit de causes d’intérêt général», ajoute Philippe Depoorter.

Un premier événement

Le 12 février marquera le lancement officiel de l’initiative avec un premier événement rassemblant tout d’abord deux classes pilotes issues du primaire et du secondaire. Les élèves réfléchiront à des solutions concrètes à des problèmes qui les concernent. «Nous allons commencer auprès des écoles qui le souhaitent, ajoute Philippe Depoorter. Mais l’idée est aussi de s’adresser au milieu éducatif au sens large pour faire en sorte qu’un maximum de personnes puisse adopter une nouvelle posture participative, citoyenne, en complément de la philanthropie et pas en réaction à celle-ci.»

Les ateliers avec les élèves seront suivis de la présentation, lors d’une soirée baptisée «Les jeunes s’engagent», de leurs solutions au Forum Campus Geesse­knäppchen. La création de Design for Change Luxem­bourg est déjà en marche. La fondation UP en sera le relais dans une phase de lancement, avant son envol en tant que structure indépendante.