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Bilan annuel

739 interventions pour violence domestique en 2018



Les femmes sont toujours très majoritairement les victimes de violence domestique. Pour la première fois depuis 2014, le nombre d’interventions de police est en augmentation en 2018.

«La violence n’est ni une normalité, ni une banalité. Le recours à la violence est inacceptable», déclarait mercredi la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes,  Taina Bofferding , lors de la présentation du rapport 2018 du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence, dans les locaux de la police grand-ducale.

Ce comité centralise et étudie les statistiques établies par les différentes instances le composant, à savoir la police grand-ducale, le Parquet près le tribunal d’arrondissement de Luxembourg et de Diekirch, les services d’assistance aux victimes de violence domestique (SAVVD, PSYea et Alternatives) ainsi que le service prenant en charge les auteurs de violence domestique, Riicht Eraus.

Les statistiques recueillies, si elles se recoupent sur certains aspects, peuvent différer dans leurs résultats du fait des missions respectives des différents organismes qui les fournissent.

Les services d’assistance mettent ainsi en exergue les aspects démographiques et sociologiques des victimes et des auteurs, tandis que la police fournit les chiffres sur les interventions policières et les expulsions.

Un nombre d’interventions en augmentation par rapport à 2017

La police a procédé en 2018 à 739 interventions pour violence domestique (715 en 2017), dont 231 ont donné lieu à une expulsion. Un nombre en augmentation pour la première fois depuis 2014.

En 2018, selon le SAVVD, qui prend en charge la victime en urgence pour l’assister, le nombre total de victimes a été de 317, dont 235 majeures et 82 mineures.

Sans surprise, les victimes sont en très grande majorité des femmes. Ainsi, en 2018, 86,8% des victimes majeures ont été de sexe féminin, selon le SAVVD.

En 2018, le SAVVD a recensé 44 nationalités parmi les victimes. 35% sont de nationalité portugaise, pour 26% de Luxembourgeois.

Les auteurs de violence domestique sont, quant à eux, à 92% des hommes, une répartition identique aux années précédentes. Leur âge moyen est de 39,5 ans.

15% de récidives

Si la police intervient, elle ne peut décider de mettre en œuvre une expulsion. La décision revient au Parquet. Le Riicht Eraus, service de consultation et d’aide pour auteurs de violence de la Croix-Rouge luxembourgeoise, constate que 15% des expulsions résultent d’une récidive (sachant qu’une récidive représente une personne ayant fait l’objet d’au moins deux expulsions entre septembre 2013 et décembre 2018).

En cas de première expulsion, dans 39% des cas, au moins une intervention policière a eu lieu sans mener à une expulsion. Ainsi, dans 54% des cas, l’auteur présumé est déjà connu pour des faits de violence domestique.

Des mesures pour améliorer la prévention

La loi sur la violence domestique date de 2003. «Un comité ministériel analysera le cadre juridique pour savoir si de nouvelles réglementations sont nécessaires», précise la ministre.

Une nouvelle campagne de prévention pour sensibiliser sur ce sujet a lieu, par le biais d’une brochure, d’une affiche et du site internet www.violence.lu .

Mais «l’égalité entre femmes et hommes représente la meilleure prévention contre les violences», estime la ministre. «Les causes de la violence sont, entre autres, à chercher au niveau des stéréotypes sexués. Les images de l’homme fort et de la femme fragile peuvent alimenter le recours à la violence basée sur le sexe.»