ENTREPRISES & STRATÉGIES

Myriam Schmit - MSDesign by myriamschmit

«Des chemins courts et une réactivité immédiate»



Myriam Schmit: «Je reste ouverte à toute proposition, j’adore les challenges».  (Photo: DR)

Myriam Schmit: «Je reste ouverte à toute proposition, j’adore les challenges». (Photo: DR)

Chaque mardi, Paperjam donne carte blanche à un entrepreneur, dans laquelle il évoque ses débuts, la manière dont il perçoit l’évolution de sa société et un fait d’actualité qui l’a marqué. Aujourd’hui: Myriam Schmit, fondatrice et responsable de MSDesign by myriamschmit.

Madame Schmit, pouvez-vous nous parler de votre première expérience professionnelle, de votre premier emploi? Et de ce qu’il vous a apporté…

«J’ai toujours voulu travailler dans le design, la communication, le marketing.

J’ai grandi avec des émissions comme ‘Culture Pub’, je lisais les livres de Jacques Séguela (‘Ne dites pas à ma mère…‘), j’étais fascinée par Gérard Caron… Plus tard, j’ai découvert Raymond Loewy et son slogan ‘La laideur se vend mal’ qui est toujours d’actualité!

J’ai eu l’opportunité de faire un stage payé au service publicité & marketing de la Bil. Je me souviens encore d’un des slogans pour la campagne du nouveau siège à la route d’Esch: ‘Des actions en béton’!

Le métier de graphiste était techniquement bien différent par rapport à aujourd’hui. Tout s’organisait par téléphone fixe ou fax, le montage se faisait à la main, j’avais le droit de passer des heures devant la ‘caméra repro’. On attendait des jours pour recevoir les diapos d’un shooting qu’on avait réalisé en Allemagne… C’est un métier de passionnés!

Pendant ce stage, je me suis aperçue que travailler dans le service communication–marketing interne ne me correspondait pas pour y faire carrière. La charte graphique ne me laissait pas assez de liberté pour m’exprimer. C’était trop restrictif: on connaissait d’avance les formats qu’on avait à disposition, la typographie, les couleurs (le fameux magenta combiné avec l’argenté ou le noir), etc.

Ensuite j’ai fait beaucoup d’autres stages dans des agences locales, des bureaux d’études, chez Cerise (le département CAD de RTL), au CNA, chez Young & Rubicam et McCann & Erikson. 

Faire des stages est une immense opportunité pour voir si le métier qu’on désire faire correspond à ce qu’on s’imagine. Quand j’enseignais des années après au Lycée des arts & métiers, je poussais mes élèves à faire des expériences dans des entreprises, car souvent l’imagination ne correspond pas à la réalité du terrain ou bien le métier ne correspond pas à sa personnalité.

Vous dirigez aujourd’hui MSDesign by myriamschmit. Comment envisagez-vous l’évolution de votre société? Où en sera-t-elle dans 15 ans?

«Je fais ce métier depuis plus de 21 ans. Après mes études en arts graphiques et en design industriel, j’ai tout de suite créé ma première agence.

J’ai eu des opportunités pour travailler en tant qu’experte en matière de design pour des programmes européens, j’ai enseigné au Lycée des Aarts et métiers. J’ai géré le département de marketing international pour une multinationale, j’ai coaché des jeunes dans un programme des ‘Jonk Entrepreneuren’. La Banque européenne de reconstruction et de développement (Berd) m’a demandé de faire des mandats en tant qu’experte dans des entreprises situées dans les Balkans. On fait aussi appel à moi en tant que conférencière et formatrice.

Prochainement je travaillerai en tant que tuteur pour partager ma passion professionnelle avec la prochaine génération. Mon métier a changé, j’ai évolué et mon savoir-faire professionnel combiné avec mes ‘soft skills’ me permettent aujourd’hui de fournir un éventail de services non comparables à mes débuts.

À l’époque, je me concentrais sur la création, le design. Aujourd’hui j’offre un service allant de A à Z combiné avec mes connaissances linguistiques et mes connaissances du marché et de ses acteurs.

Il va de soi qu’en tant que maman, ma carrière n’était pas linéaire…. Il faut être flexible, courageuse et très motivée pour combiner la vie professionnelle et familiale.

Le fait de travailler sous l’enseigne MSDesign by myriamschmit évoque beaucoup de choses. Le bouche-à-oreille dit ‘Va chez Myriam, elle saura t’aider’. Mes clients me font confiance, ils veulent me voir pour avoir mes conseils et mes créations. Le fait d’être le seul et unique interlocuteur pour mes clients est une grande valeur ajoutée – ceci aux niveaux confidentialité, proximité et services personnalisés. Les chemins de MSDesign by myriamschmit sont courts et la réactivité est immédiate.

Je reste ouverte à toute proposition, j’adore les challenges. Le métier de mon mari et mes filles de 11 et 15 ans me laissent aujourd’hui plus de liberté pour accepter de nouveaux défis.

Peut-être que d’ici 15 ans, MSDesign by myriamschmit – donc moi – se trouvera au soleil devant une belle maison près d’un lac, avec mon mari et des chiens et je consacrerai mon temps, mon savoir-faire, et mon énergie à mes engagements sociaux et au dolce farniente.

Qu’avez-vous retenu de l’actualité de ces derniers jours? Quel événement vous a plus particulièrement marqué? Et pourquoi?

«Les attentats terroristes m’ont choquée. Ce sang-froid, cette lâcheté, cet égoïsme me révoltent. Ceci ne correspond à aucune de mes valeurs et certainement pas aux valeurs philosophiques que ces gens revendiquent.

Il faut qu’on prépare nos enfants à vivre avec une nouvelle forme de terrorisme ou de guerre: il faut qu’ils soient vigilants sans avoir de préjugés.

En outre, depuis de nombreuses années, je m’engage pour différentes œuvres sociales. Je suis actuellement vice-présidente du seul et unique lady’s club des Lions Clubs au Luxembourg et nos actions sociales m’ont beaucoup sensibilisée. Nos engagements sociaux, les remises de chèques sont utiles, mais il faut qu’on montre plus de présence sur le terrain.

Il faut qu’on communique mieux notre philosophie, notre engagement et notre raison d’être. Je désire que les jeunes – et surtout les jeunes femmes – s’engagent dans les clubs services!

Ensuite, l’arrivée des refugiés, ce flux d’immigration, me touche beaucoup aussi. Quitter son pays, sa famille, ses amis, ses origines, perdre sa nationalité pour pouvoir vivre en liberté est un sacrifice énorme!

C’est la raison pour laquelle je me suis engagée en tant que coach bénévole auprès de l’Association de soutien aux travailleurs immigrés (Asti). Je soutiens une famille congolaise de 7 personnes. Encore un défi, aussi bien au niveau organisationnel que culturel. Mais on apprend tellement de choses et on apprécie le confort de la société dans laquelle on vit!

D’ailleurs je trouve que la presse ne communique pas assez sur l’engagement des bénévoles. En ce qui concerne l’aide pour les refugiés au Luxembourg, tous les clubs services (Lions, Rotary, 51, Kiwanis, Zonta, Soroptimistes, …) se sont engagés pour aider en commun – un beau geste et une approche qui j’apprécie beaucoup. J’espère qu’il ne s’agit pas d’un ‘one shot’!

Point de vue actualité toujours, le 4 décembre était la date du lancement du 22e Téléthon au Luxembourg! Une action que le Lions Club Luxembourg soutient! Le Téléthon soutient la recherche de maladies rares. À l’heure actuelle, le nombre total des maladies rares est chiffré entre 6.000 et 8.000!

On estime qu’au sein de l’Union européenne, 30 millions de personnes en sont atteintes. 80% des maladies rares sont d’origine génétique, ce qui peut engendrer des conséquences bouleversantes pour les projets de vie de toute une famille. Et je sais de quoi je parle…»