POLITIQUE & INSTITUTIONS

Brexit

Une fissure dans la stratégie britannique



Theresa May fait enfin des propositions aux «27». (Photo: Licence C.C)

Theresa May fait enfin des propositions aux «27». (Photo: Licence C.C)

La position inflexible des autorités britanniques sur le Brexit s’est fissurée pour la première fois. En fin de semaine, Theresa May a notamment réclamé un délai de deux ans après 2019 pour pouvoir encore bénéficier des atouts du marché unique.

Dans le bras de fer qui oppose le Royaume-Uni aux «27» de l’Union européenne, c’est le gouvernement britannique qui a esquissé le premier signe de faiblesse. Vendredi, à Florence, Theresa May a en effet fait des propositions pour une sortie plus douce de l’UE.

Dans l’ancienne cité des Médicis, la chef de l’exécutif britannique a avancé trois propositions envers ses anciens partenaires. Elle propose d’abord une période transitoire de deux ans, après mars 2019 – date de fin de la négociation – avant un retrait définitif. Un laps de temps pendant lequel Londres négocierait un accord commercial solide avec l’UE et continuerait à bénéficier de l’accès au marché unique.

Une promesse en espèces sonnantes

Deuxième avancée: Theresa May a enfin commencé à parler de la facture du divorce. La véritable sortie repoussée par sa première proposition, les Britanniques continueraient à contribuer au budget européen durant cette période. Sans citer de montant précis, Londres pourrait participer aux frais de la séparation à hauteur de 20 milliards d’euros.

Un chiffre qui sera certainement jugé insuffisant par les «27», qui estiment la facture entre 60 et 100 milliards. Un montant qui englobe des engagements par rapport au budget pluriannuel de l’UE et au paiement des retraites des fonctionnaires européens.

Enfin, concernant le sort des 3 millions de résidents de l’Union établis au Royaume-Uni, inflexible jusque-là sur le respect des législations britanniques, madame May ajouté que les tribunaux britanniques respecteraient le futur accord concernant les droits de ces ressortissants.

Une proposition «constructive»

Négociateur du Brexit pour l’Union européenne, le Français Michel Barnier n’a pas d’emblée fermé la porte, jugeant la proposition «constructive». Mais il maintient les priorités de l’Union européenne et ses trois exigences incontournables dans la négociation de sortie: la facture globale, le sort des ressortissants de l’UE et la question de la frontière avec l’Irlande.

Mais il semble cette fois que le camp des Britanniques modérés ou pragmatiques – comme les milieux d’affaires – pèse un peu plus lourd dans la discussion.

Les deux camps se retrouvent à Bruxelles ce lundi soir pour un quatrième round de négociations. Il avait été reporté d’une semaine dans l’attente du discours de Theresa May. Cette fois, les Européens attendent vraiment des propositions concrètes.