POLITIQUE & INSTITUTIONS

Bilan 2015

«Une bonne année pour l’Adem et pour l’emploi»



Les efforts engagés dans le cadre de la réforme de l'Adem vont se poursuivre en 2016, avec un accent placé sur le chômage des jeunes, des personnes handicapées et des seniors, selon Isabelle Schlesser. (Photo: Marion Dessard/archives)

Les efforts engagés dans le cadre de la réforme de l'Adem vont se poursuivre en 2016, avec un accent placé sur le chômage des jeunes, des personnes handicapées et des seniors, selon Isabelle Schlesser. (Photo: Marion Dessard/archives)

Avec une baisse globale de 2,6% du nombre de demandeurs d’emploi et l’entrée en vigueur de toute une série de nouvelles mesures, 2015 a été présentée jeudi par l'Adem comme une «étape importante» dans la lutte contre le chômage, même si «les efforts doivent être poursuivis».

Satisfecit modéré, mais satisfecit quand même. Pour sa traditionnelle présentation du bilan annuel de l’Adem, Isabelle Schlesser n’a pas joué la carte du triomphalisme alors que les chiffres globaux font état d’une baisse de 2,6% du nombre de demandeurs d’emploi enregistrés auprès de l’agence qu’elle dirige. La directrice s’est contentée d’évoquer «une bonne année pour l’Adem et pour l’emploi», ainsi que des «résultats encourageants» qui se sont traduits par un retour à l’emploi de quelque 1.800 personnes de plus qu’en 2014. Mais au-delà de ce chiffre, c’est surtout le changement de mentalité entamé depuis plusieurs années et les nouvelles mesures mises en place qui ont été salués.

«D’une administration aux infrastructures désuètes qui n’avait aucun crédit aussi bien auprès des demandeurs d’emploi que des employeurs, l’Adem est désormais devenue un acteur de plus en plus incontournable dans la lutte contre le chômage», assure Nicolas Schmit (LSAP), ministre du Travail. Destinée non seulement à féliciter Isabelle Schlesser et ses deux directeurs adjoints – Gaby Wagner et Ian Tewes –, la petite phrase peut également être interprétée comme une référence directe à Mariette Scholtus, définitivement remerciée de la direction de l’Adem en juin 2015. Une décision prise en conseil de gouvernement qui avait mis fin à plusieurs mois d’une bataille juridico-médiatique.

Une offre de qualité de 76% par la Garantie jeunesse.

Gaby Wagner, directrice adjointe de l'Adem

Pour étayer son propos, le ministre peut en effet s’appuyer sur un bilan 2015 assez flatteur de l’Adem. Car au-delà de la baisse générale du nombre de demandeurs d’emploi, l’agence a enregistré plusieurs succès. Parmi les plus espérés, celui lié à l’accord signé par l’UEL qui a permis à 12.700 personnes de retrouver un emploi au sein d’entreprises luxembourgeoises, principalement dans les secteurs de la construction, du commerce et de l’Horesca. Une vingtaine d’entreprises sont actuellement labellisées dans le cadre de cet accord «et d’autres se le verront décerner en 2016», assure la directrice de l’Adem.

Les premiers effets de la Garantie jeunesse, ce dispositif à destination des 16-25 ans, se feraient également sentir. Selon Gaby Wagner, directrice adjointe de l'Adem, le suivi dispensé dans les trois agences spécialisées – Luxembourg, Esch et Diekirch – a permis «l’apport d’une offre de qualité de 76%», comprenez une offre d’emploi, en CDI ou en CDD (55%), un apprentissage (2%), une mesure pour l’emploi (28%) ou un retour aux études (5%). Une donnée à nuancer cependant, car sur les 3.801 inscrits en 2015 à ce programme, les résultats présentés ne portent que sur 1.867 personnes totalement éligibles.

Un accent mis sur les jeunes, les populations fragilisées et les seniors.

Isabelle Schlesser, directrice de l'Adem

Enfin, la mise en place du nouveau portail pour l’emploi, associé au JobBoard, a été présentée comme un élément moteur de la nouvelle stratégie, baptisée eAdem. Selon Ian Tewes, directeur adjoint, quelque 4.500 CV et près de 25.000 candidatures sont actuellement consultables sur ce portail par les 400 employeurs actuellement actifs sur ce système.

En ce qui concerne 2016, l’accent sera mis principalement sur trois catégories de demandeurs d’emploi. «Les jeunes, avec l’élargissement progressif de la Garantie pour la jeunesse au moins de 30 ans, les populations fragilisées comme les personnes handicapées ou les personnes au chômage de longue durée et les seniors», note Isabelle Schlesser.

Nicolas Schmit, pour sa part, attend que l’agence «se penche tout particulièrement sur les cas de personnes qui sont inscrites depuis plus de neuf mois pour comprendre ce qui ne fonctionne pas et apporter des solutions adaptées.» Aucun objectif chiffré de ces déclarations d’intention n’a toutefois été dressé.