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Finances publiques

Plaidoyer pour «des objectifs budgétaires plus ambitieux»



Pour le CNFP et son président Romain Bausch, les finances publiques devraient, à compter de 2017 ainsi qu'à moyen terme, évoluer de manière moins positive. (Photo: Olivier Minaire / archives)

Pour le CNFP et son président Romain Bausch, les finances publiques devraient, à compter de 2017 ainsi qu'à moyen terme, évoluer de manière moins positive. (Photo: Olivier Minaire / archives)

Si elle demeure aujourd’hui positive, la situation des finances publiques devrait se détériorer sensiblement à l’avenir, estime le Conseil national des finances publiques (CNFP), qui encourage le gouvernement à se garantir «une marge de manœuvre suffisante».

Le Conseil national des finances publiques (CNFP) a fait part ce lundi de son analyse de la situation actuelle et à venir des finances publiques du pays, réalisée sur la base du Programme de stabilité et de croissance (PSC) 2016-2020 qu’a rédigé l’exécutif fin avril, avant de le transmettre à la Commission européenne.

«Même si, comparées à d’autres pays, les finances publiques présentent aujourd’hui une situation globalement favorable, les perspectives à moyen terme se détériorent malgré des prévisions économiques positives», a indiqué Romain Bausch, président de la CNFP.

Selon les analystes, les données issues du PSC montrent en effet que l’évolution tant du solde nominal que du solde structurel des administrations publiques va se dégrader à partir de l’an prochain et qu’à moyen terme les finances publiques évolueront de manière moins positive qu’il n’était prévu il y a peu encore.

Réforme fiscale

Pour le CNFP, cette dégradation est à mettre en rapport avec une révision à la baisse des chiffres pour l’administration centrale, due pour l’essentiel «aux effets d’une réforme fiscale annoncée qui n’est pas budgétairement neutre».

«En termes absolus», poursuit le CNFP, «la dette publique devrait augmenter sensiblement d’ici 2020, en raison des déficits plus importants de l’administration centrale». Mais sur base de prévisions de croissance relativement positives, l’endettement exprimé par rapport au PIB devrait se maintenir sous la barre des 30% fixée par le gouvernement.

Pour le Conseil national des finances publiques, la principale règle budgétaire nationale devrait être respectée, du fait que le gouvernement a abaissé son objectif budgétaire à moyen terme (OMT) de +0,5% à -0,5% du PIB, à compter de 2017.

Triple exigence

Mais dans ce sens, cela implique aux yeux du CNFP que le gouvernement a implicitement endossé la nouvelle projection démographique de 1,1 million d’habitants d’ici 2060 et un objectif de 60% du PIB en matière de dette publique.

Pour garantir une marge de manœuvre devant permettre à tout moment de répondre à un éventuel choc économique ou à tout autre imprévu, le CNFP recommande dans les conclusions de son analyse «la poursuite d’objectifs budgétaires plus ambitieux», pour contribuer aussi à relever les défis à long terme auxquels le pays est confronté.

Car pour accueillir un afflux important et continu de nouveaux résidents, «l’hypothèse de développement retenue par le gouvernement exige une croissance économique permanente, une création d’emplois soutenue, et la mise en place de capacités adéquates en termes d’infrastructures, de logements et d’équipements collectifs», précise enfin le CNFP.