POLITIQUE & INSTITUTIONS

Dialogue social

L’UEL dénonce certaines méthodes du gouvernement



Pour la flexibilisation du temps de travail, «le gouvernement a opté pour une procédure rigide et complexe», selon Michel Wurth, président de l'UEL. (Photo: Paperjam/DR)

Pour la flexibilisation du temps de travail, «le gouvernement a opté pour une procédure rigide et complexe», selon Michel Wurth, président de l'UEL. (Photo: Paperjam/DR)

Irritée notamment par le choix de l’exécutif dans le cadre de la loi sur la flexibilisation du temps de travail, l’organisation patronale pointe du doigt mardi «la politisation et la médiatisation à l’extrême» du dialogue social.

L’octroi d’un maximum de 3,5 jours de congé supplémentaires pour les salariés travaillant dans une entreprise ne possédant pas de convention collective en échange du passage de la période de référence d’un à quatre mois ne passe toujours pas auprès de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL). Près de deux mois après l’annonce, réalisée par Xavier Bettel lors de son discours sur l’état de la Nation, l’organisation patronale juge que l’arbitrage réalisé par le gouvernement fait courir le risque de «placer les entreprises du pays dans une situation délicate».

Une manière de rappeler une nouvelle fois sa position centrée sur «la nécessité d’accorder plus de flexibilité en termes d’heures de travail afin de répondre aux besoins de production», selon Michel Wurth, président de l’UEL. Ce dernier assure par ailleurs que les représentants du patronat étaient prêts à «faire des concessions majeures» dans ce dossier, notamment dans le processus de codécision au sein des entreprises «afin de concilier les besoins de chaque entreprise avec ceux de chaque salarié au plus près des réalités du terrain».

Il n’est pas nécessaire de mettre tous les sujets sur le devant de la scène.

Michel Wurth, président de l'UEL

Désireuse de ne pas sembler amère, l’organisation patronale a choisi d’élargir son analyse à l’ensemble du dialogue social. Ou plutôt des deux formes de dialogue social en vigueur dans le pays: celui qui se déroule au sein des entreprises et celui qui se pratique au niveau national. Alors que pour l’UEL la première forme «fonctionne au mieux», la seconde peine à trouver grâce aux yeux du patronat. La faute, selon lui, aux méthodes employées par le gouvernement.

«Le dialogue social ne peut fonctionner utilement lorsqu’il est politisé et médiatisé à l’extrême», affirme Michel Wurth, qui estime que «quand on veut négocier avec sérieux, il n’est pas nécessaire de mettre tous les sujets, surtout quand ils sont compliqués, sur le devant de la scène» et «pour, au final, prendre une décision qui n’a jamais été évoquée au cours des discussions».

Satisfecit sur la politique d’investissement massif

L’UEL reproche au gouvernement d’avoir voulu mettre en place des tripartites pour tenter de trouver un consensus autour de la réforme du congé parental, du financement de la Sécurité sociale ou des préretraites. Une idée pourtant finalement abandonnée pour laisser place à des rencontres bipartites, jugées plus efficaces. Les représentants des entreprises estiment que «la tripartite doit rester réservée aux situations de crises aiguës».

Autre point d’accord officiellement affiché ce mardi, «les efforts du gouvernement pour diversifier et moderniser notre économie» au travers d’«une politique d’investissement massif dans l’avenir».

Le conseil d’administration de l’UEL salue tout particulièrement l’initiative mise en place avec l’Adem qui a permis en 2015 à 12.700 personnes de retrouver un emploi au sein d’entreprises luxembourgeoises. Un succès qui devrait «être développé à l’avenir» et pour lequel l’UEL s’engage à «faire des propositions concrètes» en la matière. Ce satisfecit ne doit cependant pas cacher les craintes exprimées quant à l’objectif du gouvernement de réduire le déficit de l’administration publique à 0,5% du PIB, perçu comme «une hypothèque sur l’avenir», à l’image de la vision présentée par le Conseil national des finances publiques.

Revoir le discours intégral de Michel Wurth durant la conférence de presse: