POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Tensions au Findel

Le vent semble à nouveau tourner autour de l’Ana



Un nouveau compromis entre représentants de l’Ana et François Bausch a été trouvé ce jeudi. Reste au ministre à convaincre la Dac du bien-fondé de ce dernier, dans le cadre de la certification de l’aérodrome, qui devra être obtenue le 31 décembre prochain. (Photo: Mike Zenari)

Un nouveau compromis entre représentants de l’Ana et François Bausch a été trouvé ce jeudi. Reste au ministre à convaincre la Dac du bien-fondé de ce dernier, dans le cadre de la certification de l’aérodrome, qui devra être obtenue le 31 décembre prochain. (Photo: Mike Zenari)

La réunion tenue ce jeudi entre le ministre du Développement durable et des Infrastructures et les syndicats a abouti à «un nouveau compromis», selon les représentants du personnel. Mais la menace de grève et la médiation n’en sont pas pour autant suspendues à ce jour…

Retour à la case départ. Ou du moins, à la situation qui était en vigueur au début de l’été. À la sortie de la rencontre qui s’est tenue ce jeudi entre François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures, et les syndicats, un certain soulagement était visible sur certains visages. Le blocage né de la position de la Direction de l’aviation civile (Dac) de ne pas valider le consensus trouvé en parallèle de la procédure de médiation serait désormais du passé.

«Le point 139-214 de la réglementation européenne sur la certification de l’aérodrome, et plus précisément son considérant n°8, stipule que l’opérateur d’aérodrome peut transférer une partie de ses compétences à une autre entité et que cette dernière sera responsable des domaines de compétence inclus dans la décharge», explique Carlo Komes, vice-président de la Guilde luxembourgeoise des contrôleurs de la circulation aérienne. «Cela signifie donc que les textes autorisent la coexistence de deux entités pour la gestion du Findel.»

Il existe une confusion constante entre la médiation et la certification de l’aérodrome.

Pierre Jaeger, directeur de la Dac

En clair, ministre et syndicats sont tombés d’accord pour confier le titre d’opérateur d’aérodrome à Lux-Airport, mais en déléguant toutefois la gestion de la piste et des taxiways à l’Ana. Lux-Airport, pour sa part, se verrait principalement en charge de la gestion des passagers et des terminaux. Soit les grandes lignes du compromis qui avait été dessiné début juillet et qui avait poussé les deux parties à mettre la procédure de médiation entre parenthèses.

Interrogé par Paperjam.lu sur son interprétation de la législation européenne, Pierre Jaeger, directeur de la Dac, avait indiqué lundi «ne pas vouloir s’exprimer avant consultation avec le ministre», indiquant seulement qu’«il existe une confusion constante dans ce dossier entre la médiation et la certification de l’aérodrome». Le directeur de l’autorité indépendante chargée d’assurer la sécurité et la sûreté des activités aériennes civiles doit être reçu ce jeudi après-midi par François Bausch, charge à lui «de faire accepter à la Dac l’argumentaire qui lui a été présenté et qu’il a abondé», note Hubert Hollerich, secrétaire syndical OGBL.

Nous sommes actuellement proches d’un accord.

François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures

Soutenus par l’OGBL et la CGFP, toutes deux opposées à «toute privatisation ou mise sous tutelle» de l’Ana, les représentants du personnel restent toutefois prudents quant à l’issue de cette rencontre et des suites du dossier. «La menace de grève n’est pas levée, tout comme la procédure de médiation», rappelle Roland Reiser, président de la représentation du personnel (RPAA). François Bausch, contacté par Paperjam.lu, indique pour sa part «être prêt à aider à trouver une solution, tout en prenant bien soin de respecter les compétences de chacun». Autrement dit, de veiller à ne pas interférer directement dans la décision de la Dac, autorité indépendante luxembourgeoise, elle-même placée sous l’autorité de l’EASA, instance de contrôle européenne.

«Nous sommes actuellement proches d’un accord, c’est une question de formulation sur deux ou trois phrases», précise le ministre, qui indique que la mission de trouver la solution «a été confiée au directeur de l’Ana et à un fonctionnaire de mon ministère». Question timing, François Bausch estime que le texte revu et corrigé devrait être disponible «au plus tôt mercredi prochain pour la réunion de médiation, et au plus tard quelques jours après».