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Digitalisation dans le secteur du bâtiment

Le BIM sur toutes les lèvres



«L’Administration des bâtiments publics est en train de pousser les prestataires privés à utiliser le BIM de façon systématique», rappelle Roby Eischen (Goblet Lavandier & Associés). (Photo: Maison Moderne / Archives )

«L’Administration des bâtiments publics est en train de pousser les prestataires privés à utiliser le BIM de façon systématique», rappelle Roby Eischen (Goblet Lavandier & Associés). (Photo: Maison Moderne / Archives )

De l’architecte au facility manager, le secteur de la construction n’échappe pas à la digitalisation. L’introduction des systèmes de Building Information Modeling (BIM) offre de nombreuses opportunités, mais soulève également beaucoup de questions. Sa systématisation au Luxembourg faisait l’objet d’une table ronde organisée par le groupe Wagner fin mai.

C’est une petite révolution dans le secteur du bâtiment qu’est en train de créer l’apparition du BIM, ce logiciel qui permet la modélisation en trois dimensions de l’ensemble d’un immeuble, des murs aux installations techniques de celui-ci.

«Aujourd’hui, cela peut prendre des mois pour retrouver toute la documentation technique nécessaire à l’entretien adéquat d’un bâtiment par un prestataire externe, ou bien pour faire une due diligence en vue de la vente du bien», note Marc Baertz, partenaire chez Inowai.

Perméabilité des fenêtres, informations techniques des installations d’aération, localisation des câblages et des tuyauteries… les possibilités offertes par le BIM vont largement faciliter le travail des facility managers, mais également permettre d’avoir un suivi uniforme d’un bâtiment, de sa conception à son entretien, en passant par sa construction.

«L’administration des bâtiments publics est en train de pousser les prestataires privés à utiliser cette méthode de façon systématique», détaille Roby Eischen, administrateur délégué du bureau d’études Goblet Lavandier & Associés. «Le Centre de ressources des technologies et de l’innovation pour le bâtiment (CRTI-B), la plateforme qui regroupe l’ensemble des acteurs de la construction, et l’Ordre des architectes et des ingénieurs-conseils (OAI) travaillent sur un cadre pour sa mise en place au Luxembourg.»

Au niveau européen, on réfléchit également à cadrer l’utilisation du BIM. Le CRTI-B fait d’ailleurs partie du groupe de travail européen EU BIM Task Group, qui cherche à harmoniser cette pratique à une échelle paneuropéenne.

Investir pour rester à jour

Pour l’instant, seuls certains programmes informatiques offrent des modules BIM. Il s’agit toutefois d’un marché de niche, puisque son implémentation n’est pas encore obligatoire. «Tout le monde en parle au Luxembourg et tâte le terrain pour savoir si son fournisseur de logiciel sera prêt quand l’utilisation du BIM sera exigée», explique Pedro Oliveira de chez Wagner Facility Management, une société du groupe Wagner.

Le principal enjeu aujourd’hui est que les développeurs puissent assurer une compatibilité parfaite entre leurs différents systèmes. L’arrivée de ces nouvelles normes sont également synonyme de nombreux défis pour les acteurs du marché.

Celle-ci correspond à des investissements conséquents, autant dans les logiciels qu’en personnel qualifié pour les utiliser. L’utilisation systématique du BIM va également alourdir toutes les étapes de préparation du chantier et de la documentation d’un bâtiment.

«Nous pensons que ces évolutions peuvent limiter le nombre d’acteurs sur le marché et représentent donc une opportunité pour ceux qui seront capables de se mettre à jour pour respecter ces nouvelles normes», ajoute Pedro Oliveira.

Et le jeu en vaut certainement la chandelle. L’application du BIM ne concerne pas que les bâtiments neufs. Elle peut être également utilisée lors d’une rénovation. «Il existe toute une série de grands bâtiments construits au Luxembourg il y a 40 ou 50 ans qui vont bientôt devoir être rénovés», rappelle Roby Eischen.