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Note de conjoncture du Statec

La reprise s’installe



Le Grand-Duché affiche une croissance qui reste «exceptionnelle» comparé aux autres pays occidentaux, note Serge Allegrezza, directeur du Statec. (Photo: Edouard Olszewski)

Le Grand-Duché affiche une croissance qui reste «exceptionnelle» comparé aux autres pays occidentaux, note Serge Allegrezza, directeur du Statec. (Photo: Edouard Olszewski)

La note de conjoncture du Statec a confirmé mardi la bonne santé économique du Luxembourg et se veut même plus optimiste que les prévisions du gouvernement en tablant sur une croissance de 3,5% en 2017 et 4,5% en 2018.

Avec un climat économique mondial plus porteur, une zone euro au relatif beau fixe, le Grand-Duché affiche une croissance qui reste «exceptionnelle», comparé aux autres pays occidentaux, note Serge Allegrezza, directeur du Statec. L’institut table en effet sur une progression du PIB luxembourgeois de 3,5% en 2017 et jusqu’à 4,5% en 2018.

Après une croissance finalement révisée à la baisse en 2015 et 2016, c’est une bonne nouvelle. «Les risques politiques sont amoindris en Europe, le risque de l’éclatement de la zone euro a été écarté, et la reprise économique se raffermit, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps», analyse Bastien Larue, employé «Conjoncture» au Statec. Si les deux dernières années ont vu une croissance à la baisse, le pays a été porté par une croissance au niveau européen qui reste à hauteur de 3% en 2017.

C’est avant tout la remontée des prix pétroliers tout au long de l’année 2016 qui explique la progression du taux d’inflation au début 2017. Alors qu’en 2016 le taux d’inflation était quasi nul au Luxembourg, le taux global est revenu à un niveau proche des 2%. Pas de quoi se réjouir pour les employés, car un index en 2018 sera conditionné par rapport aux cours pétroliers, et le Statec se veut prudent en la matière.

«Si rien ne change, un index pourrait avoir lieu au troisième trimestre 2018, mais une mise à jour est nécessaire tous les trois mois», indique Bastien Larue du Statec. Malgré l’index de 2017, la progression des salaires reste modérée.

Un encaissement massif d’arriérés d’impôts sur les sociétés

La croissance s’accompagne d’un niveau historiquement élevé de la confiance des ménages. Et si l’appréciation de la conjoncture est bonne, les investissements repartent dans ce cas-là à la hausse. Du côté de l’emploi, les voyants sont également au vert, puisque le taux de chômage poursuit sa baisse depuis 2014 avec un taux de 5,7% ainsi qu’un marché de l’emploi qui reste bien orienté.

Ce sont les services aux entreprises qui créent le plus de postes au premier semestre 2017 et ceci à tous les niveaux de qualification. En termes de résidence et de nationalité, la hausse profite à l’ensemble des salariés, mais ce sont les frontaliers français qui y contribuent le plus.

Les recettes fiscales et cotisations sociales progressent de façon soutenue cette année, malgré de nouvelles pertes en matière de TVA sur le commerce électronique et des allégements liés à la réforme fiscale. Sous les effets de la nouvelle tranche indiciaire de janvier 2017 et de l’encaissement massif d’arriérés d’impôts sur les sociétés, la croissance des recettes fiscales en 2017 – et des recettes publiques en général – devrait significativement dépasser celle de l’année dernière.

Après 6% en 2017, leur progression devrait à nouveau se rapprocher en 2018 (avec 4%) de celle de 2016. Dès cette fin d’année, une réduction substantielle du prix des crèches ralentira de manière passagère l’inflation, mais les fondamentaux économiques devraient continuer à l’alimenter tout au long de 2018, estime le Statec.