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La croissance déraille



La locomotive du secteur financier subit un environnement agité sur les marchés, tandis que le secteur de la construction poursuit sur sa lancée, profitant d'une embellie qui dure depuis 2014. (Photo: Sven Becker / Archives)

La locomotive du secteur financier subit un environnement agité sur les marchés, tandis que le secteur de la construction poursuit sur sa lancée, profitant d'une embellie qui dure depuis 2014. (Photo: Sven Becker / Archives)

Le Brexit risque de fragiliser encore l’économie après un premier semestre 2016 sous le signe du ralentissement, d’après la note de conjoncture mensuelle du Statec.

«La croissance menacée», voilà le maître mot du «Conjoncture Flash» du mois de juin rédigé par Bastien Larue et Véronique Sinner du Statec. Car si la variation annuelle du PIB en volume marque une très nette amélioration, la variation mensuelle raconte une autre histoire.

La croissance ralentit depuis le 3e trimestre 2015 et ne devrait pas rebondir après un Brexit qui provoque pour l’instant la panique sur les marchés. «L'été 2016 débute en tout cas par un bouleversement à l'échelle européenne avec la concrétisation du Brexit, un événement fortement susceptible d'impacter négativement les performances économiques des prochains trimestres», avertit le Statec en préambule. Outre l’incertitude sur les marchés, la perspective d’une baisse des échanges extérieurs entre le Royaume-Uni et l’Union européenne devrait peser durablement sur la croissance européenne.

Le PIB luxembourgeois a progressé de 0,7% sur le premier trimestre 2016 contre 1% lors des trimestres précédents. Les exportations nettes de services financiers ont tiré l’économie ansi que les dépenses d’investissement, tandis que la consommation des ménages est repartie à la baisse – pour autant, la douceur de l’hiver peut expliquer la baisse de consommation de gaz et d’électricité.

La locomotive financière à la peine

Le secteur financier a participé à la croissance dans une moindre mesure. Sa valeur ajoutée recule toutefois fortement en raison des effets de marché négatifs, ce qui engendre une perte de volume sur les recettes fiscales (taxe d’abonnement, impôt sur les sociétés, etc…).

Après une année 2015 orientée à la hausse, l’industrie a accusé une baisse de 10% de sa valeur ajoutée au premier trimestre 2016, mais semble se reprendre au printemps. A contrario, la construction continue sur sa lancée avec «une trajectoire plus régulière et dynamique, à laquelle fait écho celle des emplois recensés dans la branche».

L’immobilier ne fléchit pas, affichant une hausse de 4,8% sur un an des prix de vente des maisons et des appartements et une progression de 2,8% sur un an du nombre de transactions. Un dynamisme rejoint par les pays voisins au premier semestre.

Les services aux entreprises stimulent l'emploi

Après une année 2015 morose dans la foulée de l’augmentation de la TVA, le marché automobile se reprend depuis le début 2016 avec une hausse des ventes de 10% de janvier à mai par rapport à la même période de l’année précédente. Un chiffre que l’on retrouve également sur l’ensemble de la zone euro, même s’il caractérise dans ce cas la confirmation d’une reprise amorcée depuis 2013.

L’emploi intérieur affiche une progression trimestrielle de 0,8% au premier trimestre – consolidée par les créations d’emplois dans la construction alors que l’emploi industriel marque un arrêt. Les services aux entreprises ont le vent en poupe grâce au travail intérimaire, aux activités de sécurité privée et aux activités de nettoyage. Le chômage touchait 6,5% de la population active fin mai.

Signe d’une croissance fragile, «la balance courante s’est soldée par un excédent de 509 millions d’euros au premier trimestre, en repli de 40% environ par rapport au premier trimestre 2015», note le Statec. Le déficit commercial (-483 millions d’euros sur un an) démontre encore les effets du transfert de la TVA sur le commerce électronique dans les pays tiers.

Le Statec prévoit toujours une croissance de 3,1% pour 2016 et de 4,6% pour 2017. En attendant de connaître les véritables effets du Brexit sur l’économie européenne et luxembourgeoise.