POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Réforme de la fonction publique

La CGFP donne encore une fois de la voix



Selon Romain Wolff, président de la CGFP, l’accord signé avec le gouvernement fin 2016 prévoit «une refonte complète du stage» qui n’a, à ce jour, pas été réalisée. (Photo: Nader Ghavami / archives)

Selon Romain Wolff, président de la CGFP, l’accord signé avec le gouvernement fin 2016 prévoit «une refonte complète du stage» qui n’a, à ce jour, pas été réalisée. (Photo: Nader Ghavami / archives)

Moins de trois semaines après sa manifestation de «protestation», le syndicat majoritaire au sein de la fonction publique a tenu à maintenir la pression sur les politiques en réaffirmant sa volonté de voir abolir le régime du «80/80/90». Et évoque une possible grève.

Si en décembre 2016, CGFP et gouvernement étaient sur la même longueur d’onde, un an plus tard, la donne semble avoir changé. Du moins, du point de vue du très puissant syndicat de la fonction publique. 12 mois après la signature d’un accord salarial, qui a abouti notamment au versement d’une prime unique pour 2017, et une revalorisation salariale pour 2018, la CGFP exige deux changements: la refonte de l’évaluation des fonctionnaires et l’abrogation pure et simple du principe dit «80/80/90». À savoir le paiement des fonctionnaires stagiaires à hauteur de 80% du salaire des titulaires lors des deux 1res années de leur stage, puis de 90% lors de la 3e année.

Si le premier point a été décrié dès sa mise en place, le second figure bel et bien dans l’accord signé fin 2016. «Il est inconcevable qu’on affirme aujourd’hui que la CGFP était bien d’accord avec le principe du 80/80/90, clame Claude Heiser, 1er vice-président du syndicat cité par nos confrères du Quotidien. Oui, on l’a bien signé, mais à contrecœur, car des coups bien plus importants se trouvaient sur la table des négociations.»

Positionnement du CSV dans son programme électoral

Une 1re pique à destination de l’actuel gouvernement, suivi dans la foulée d’une seconde, puisque «l’accord était lié à la promesse d’obtenir une refonte complète du stage. Deux ans plus tard, rien ne s’est passé et les stagiaires travaillent dès leur premier jour à 100% sans toucher le plein salaire et en étant obligés de suivre des formations en dehors de leur journée de travail», assène à son tour Romain Wolff, président de la CGFP, cité par nos confrères.

Mais en arrière-fond, c’est bel et bien le CSV qui est visé puisque les deux mesures critiquées ont été décidées par Octavie Modert et sont entrées en vigueur en 2015 avec François Biltgen. Interrogée par Le Quotidien à la fin de la soirée, l’ancienne ministre de la Fonction publique reste fidèle à sa vision. Se disant «convaincue qu’il est bien que les stagiaires reçoivent une solide formation, mais aussi que les fonctionnaires fassent l’objet d’une évaluation, au moins lorsqu’ils grimpent d’un échelon», elle indique que son parti «doit se positionner plus largement sur les revendications de la CGFP dans son programme électoral.»

Réalisée moins de trois semaines après leur «protestation», cette prise de position de la CGFP ne doit rien au hasard, puisqu’intervient dans le contexte de la précampagne des élections législatives. Ce n’est donc pas un hasard si plusieurs députés étaient présents, lundi soir, pour écouter les revendications du syndicat qui représente quelque 60.000 électeurs potentiels. Et pour obliger les élus à «ne pas seulement entendre, mais écouter les gens», la Confédération assure que «toute procédure de litige peut déboucher sur une grève». Une option qui ne serait toutefois «pas privilégiée», mais pour laquelle Steve Heiliger, secrétaire général de la CGFP, se dit «bien prêt à faire le pas».