POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Élections fédérales

J-30 en Allemagne



61,9 Allemands désigneront leurs parlementaires le 24 septembre. Indirectement, ils désigneront aussi le chancelier. (Photo: Licence CC)

61,9 Allemands désigneront leurs parlementaires le 24 septembre. Indirectement, ils désigneront aussi le chancelier. (Photo: Licence CC)

À un mois des élections fédérales en Allemagne, on voit mal comment la chancelière, Angela Merkel, pourrait perdre son poste. Une grande partie des 61,9 millions d’électeurs est néanmoins indécise.

L’espoir des sociaux-démocrates du SPD de regagner la chancellerie pour la première fois depuis 2005 grâce à leur candidat chef de file, Martin Schulz, s’effrite. D’après le dernier sondage de l’institut Insa, le CDU et son parti frère bavarois, le CSU, récolteraient 38% des voix, alors que le SPD n’obtiendrait qu’un score de 24%.

Tandis que le SPD tente de persuader en promettant de combattre les inégalités, le CDU fait valoir un bilan positif en matière économique. Le slogan du parti d’Angela Merkel: «L’Allemagne, un pays où il fait bon vivre.» Celui du SPD: «Plus de temps pour l’équité.»

Si les pronostics actuels se matérialisaient, deux options de coalition gouvernementale se présenteraient: d’une part, la reconduction de la coalition actuelle entre CDU et SPD ou, d’autre part, une coalition dite «Jamaika» (CDU, FDP, Die Grünen).

46% d’indécis

En effet, les libéraux du FDP récolteraient selon le dernier sondage 9% des voix, tandis que les écologistes de Die Grünen obtiendraient un score de 7%. Le CDU ne pourrait pas former de gouvernement avec un seul de ces deux partenaires potentiels, mais avec les deux oui.

De quoi frustrer davantage le SPD, car une coalition des partis de gauche (SPD, Die Linke et Die Grünen) est à l’heure actuelle mathématiquement impossible, car Die Linke ne récolterait que 9% des voix.

À noter qu’un autre sondage de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, en début de semaine, indiquait que 46% des électeurs seraient encore indécis. Le taux le plus élevé enregistré en 20 ans. En revanche, et paradoxalement, 45% des sondés estiment que le résultat du scrutin est d’ores et déjà certain.

Enjeux

Outre la couleur du prochain gouvernement, les élections fédérales de 2017 revêtent deux autres enjeux majeurs: d’une part, l’avenir politique du SPD, qui n’arrive plus à reprendre le pouvoir et, d’autre part, une éventuelle entrée au Bundestag du parti anti-immigration et eurosceptique AfD (Alternative für Deutschland). Selon le dernier sondage, ce serait le cas, car l’AfD récolterait 10% des voix.

Depuis 2014, l’AfD est entrée dans 13 des 16 parlements régionaux en jouant principalement sur les peurs face à l’islamisme et en faisant l’amalgame entre les centaines de milliers de réfugiés fuyant en grande partie les conflits au Moyen-Orient d’une part et, d’autre part, l’insécurité liée à la menace terroriste et une prétendue menace de la culture occidentale.

Angela Merkel assurant qu’un afflux de migrants comme en 2015 et 2016 ne se reproduirait pas et adoptant un ton plus sévère en matière d’insécurité, et l’AfD faisant face à des querelles internes, l’exploit du parti d’extrême droite sera nettement moindre que celui du Front national en France.