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Décision ce mercredi

Glyphosate: le Luxembourg dira «non»



Le principe actif du glyphosate est décliné à travers 750 produits – dont le Roundup – commercialisés par plus de 90 fabricants dans 130 pays. (Photo: DR)

Le principe actif du glyphosate est décliné à travers 750 produits – dont le Roundup – commercialisés par plus de 90 fabricants dans 130 pays. (Photo: DR)

Appelé au rang des 28 à se prononcer ce mercredi sur une éventuelle prolongation d’exploitation du Roundup, le Luxembourg s’y opposera catégoriquement, a fait savoir le ministre de l’Agriculture Fernand Etgen.

Produit déclaré «cancérogène probable pour l’homme» par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le glyphosate – le fameux Roundup commercialisé par Monsanto – verra sa licence d’exploitation expirer en décembre prochain.

Si la Commission européenne a proposé de la renouveler pour une période de sept ans, elle aura besoin pour cela de l’aval des États membres, à une majorité qualifiée de 55% d’entre eux. S’ils ne se prononcent sur cette question qu'aujourd'hui, le Luxembourg – par la voix de son ministre de l’Agriculture Fernand Etgen – a déjà fait savoir qu’il se prononcerait contre cette prolongation, alors qu’il s’était jusqu’ici abstenu de prendre part à ce débat.

Weber, Reding, Turmes et les autres

Dans un entretien accordé à nos confrères du Quotidien, le ministre a expliqué que s’il y avait jusqu’il y a peu des doutes sur la dangerosité du glyphosate, ceux-ci étaient désormais levés, dans le sens que le produit doit être retiré du marché.

Fernand Etgen, dans sa décision, bénéficie du soutien de Blanche Weber, du Mouvement écologique (Meco), ainsi que – tout comme sa consœur Viviane Reding (CSV) – de l’eurodéputé Claude Turmes (Déi Gréng), qui bataille depuis de nombreuses années déjà contre le Roundup.

La Commission revoit sa prétention à la baisse

Avant la décision de ce mercredi, les députés européens se sont prononcés en faveur d’une résolution non contraignante d’interdiction progressive du glyphosate d’ici à cinq ans.

Suite à ce vote et en prévision de la réunion des ministres, la Commission européenne a revu ses prétentions à la baisse. Elle demandera que le renouvellement de la licence du glyphosate s’effectue sur une période de cinq à dix ans, contre les dix ans préalablement avancés.