POLITIQUE & INSTITUTIONS

Au sein des écoles privées

Enseigner le luxembourgeois pour obtenir plus d’aides



La réforme envisagée par le ministère de l'Éducation nationale pourrait contenir une incitation financière aux écoles privées à mettre en place au moins «une initiation à la communication orale en langue luxembourgeoise». (Photo: Paperjam/DR)

La réforme envisagée par le ministère de l'Éducation nationale pourrait contenir une incitation financière aux écoles privées à mettre en place au moins «une initiation à la communication orale en langue luxembourgeoise». (Photo: Paperjam/DR)

La réforme envisagée par le ministre de l’Éducation nationale sur les relations entre l’État et l’enseignement privé pourrait faire une différence entre les établissements qui mettraient en avant la langue nationale et les autres. Et ce, au travers du levier financier.

Selon la loi modifiée du 13 juin 2003 régissant les relations entre l’État et l’enseignement privé, tout établissement privé peut offrir un enseignement «en fonction des programmes et des méthodes d’enseignement qui lui sont propres». À l’exception toutefois des écoles privées qui appliquent les programmes de l’enseignement public luxembourgeois, soit cinq établissements sur la quinzaine d’établissements privés recensée au Luxembourg. 

Mais les choses pourraient peu à peu changer, à en croire les éléments avancés vendredi par Claude Meisch (DP), ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, dans une réponse parlementaire. «Au vu du cadre législatif actuel concernant l’enseignement privé, l’État peut tout au plus exprimer des recommandations en matière d’enseignement de la langue luxembourgeoise pour les écoles n’appliquant pas les programmes de l’enseignement luxembourgeois, indique le ministre. Subsidiairement se pose dans ce contexte la question d’une augmentation éventuelle des subventions accordées par l’État aux écoles concernées, le cas échéant.»

Une initiation à la langue contribuerait à faciliter le contact avec la population autochtone.

Claude Meisch, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse

Autrement dit, le versement d’aides étatiques plus élevées aux établissements privés mettant en place des cours de luxembourgeois et/ou en luxembourgeois. Précisant qu’en matière d’apprentissage des langues, «la politique de l’école publique luxembourgeoise consiste en la promotion de la langue luxembourgeoise et en la promotion du multilinguisme», Claude Meisch base son argumentation sur l’exemple de la future école européenne de Differdange

Cette dernière, dont l’enseignement sera fondé sur les programmes des autres écoles européennes, bénéficiera d’un enseignement «obligatoire» du luxembourgeois. Et ce «pour tous les élèves de l’école primaire ainsi que des classes inférieures de l’école secondaire». Pour le ministre, «une initiation à la communication orale en langue luxembourgeoise dans toutes ces écoles (privées, ndlr) contribuerait à faciliter évidemment le contact avec la population autochtone». Mieux, selon lui, cette démarche constitue «un pilier d’une véritable démarche d’intégration dans une société multilingue comportant une population en général polyglotte».