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Exposition

De Venise à Luxembourg, la modernité en question



L’équipe de l’exposition devant un des panneaux de l’exposition au Luca (Photo: Boshua)

L’équipe de l’exposition devant un des panneaux de l’exposition au Luca (Photo: Boshua)

Le Luca présente l’exposition «Modernity – Loved, Hated or Ignored?» précédemment présentée au pavillon luxembourgeois de la 14e Biennale d’architecture à Venise.

Les commissaires de cette exposition, l’architecte Stéphanie Laruade, la comédienne et metteuse en scène Sophie Langevin et le photographe Bohumil Kostohryz, devaient concevoir une exposition comme une réponse à la thématique générale énoncée par Rem Koolhaas: «Absorbing Modernity». Pour cela, ils ont choisi de travailler autour de quelques bâtiments représentatifs selon eux de cette modernité au Luxembourg et de mener des enquêtes pour comprendre leur histoire et analyser leur réception. À cette fin, ils se sont plongés dans les archives, ont fait des enquêtes dans le quartier, sont allés interviewer les descendants des architectes, ont relu la presse de l’époque… À l’image du personnage central de Twin Peaks ou de Colombo, les commissaires ont inventé le personnage de Jane Doe, interprété par Sophie Langevin, qui nous révèle ses enquêtes dans de courts films, à travers ses notes, son journal de bord ou encore des photos. Chacune des informations recueillies au fil des enquêtes formant autant d’histoires parallèles qui finissent par s’assembler dans un puzzle géant.

Adaptée pour le format de la salle du Luca, fort différent des salles exiguës de la Ca’del Duca, l’exposition sur le fond n’a évidemment pas changé. Stéphanie Laruade résume son approche ainsi: «Nous avons fait le choix de ne pas nous contenter de ramener l’exposition de Venise, mais de lui donner une nouvelle identité. Chaque lieu d’exposition a son cadre défini qu’il faut habiter et également transformer. L’idée de faire évoluer sa forme en transposant l’exposition sur des bâches est liée au désir de la faire voyager dans le pays et d’offrir à un public plus large la possibilité d’explorer les enquêtes et de questionner l’identité architecturale luxembourgeoise. Ainsi, par le biais d’échanges renouvelés, il sera possible de continuer à s’interroger sur la question posée par Rem Koolhaas: «Absorption de la modernité 1914-2014/La modernité a-t-elle effacé les caractéristiques nationales?»                                                                                                                                   

Lire aussi l’interview des commissaires avant leur exposition à Venise.