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Ambassadeur britannique au Luxembourg

De «bons progrès» pour les négociations sur le Brexit



John Marshall tient des propos rassurants quant à l’avancée des négociations entre le Royaume-Uni et l’UE. (Photo: Maison Moderne)

John Marshall tient des propos rassurants quant à l’avancée des négociations entre le Royaume-Uni et l’UE. (Photo: Maison Moderne)

John Marshall a défendu devant la presse luxembourgeoise mercredi des discussions beaucoup plus constructives que ce qui en est dit.

L’ambassadeur britannique au Luxembourg avait invité la presse pour un «Brexit chat». L’occasion pour lui de souligner les progrès réalisés concernant les droits des citoyens, la reconnaissance mutuelle des qualifications, le maintien des droits aux soins existants, le statut des travailleurs transfrontaliers ou encore la question de la CJUE, le droit d’établissement des entreprises et les droits à la sécurité sociale.

Le rythme des négociations varie selon les thématiques, pour certaines, «notre proposition est plus avancée que celle de la Commission, ou nous attendons une proposition de sa part, mais nous pensons qu’après deux rondes, de bons progrès ont été réalisés», assure le diplomate.

Côté irlandais, il y a eu «une bonne convergence sur de nombreux sujets, par exemple la zone commune de voyage».

Des négociations parasitées de l’extérieur

Restent des discussions toujours délicates concernant l’accord financier. «Nous ne nous attendions pas, et la Commission non plus, à une grande percée sur cette question», souligne M. Marshall. Une question négociée par ailleurs séparément des autres. Le gouvernement britannique «espère et compte sur des progrès significatifs sur toutes les questions après le conseil d’octobre.»

Pour le Royaume-Uni, le temps presse et la deuxième phase de négociations doit être abordée, parce que «c’est dans notre intérêt à tous» et que c’est «inextricablement lié avec d’autres questions de partenariat à venir, l’exemple le plus important étant l’Irlande». «Comment voulez-vous décider de ce à quoi une frontière va ressembler tant que vous n’avez pas décidé d’arrangements en matière d’accords commerciaux sur les biens et les services? Tout n’est pas noir et blanc.»

Quant aux relations entre les négociateurs britannique et européen, David Davis et Michel Barnier, dont les passes d'armes médiatiques se multiplient, l’ambassadeur souligne «une bonne compréhension» entre eux. Toutefois, ils «ne peuvent pas contrôler le bruit autour des négociations», ce qui s’est avéré «plutôt inutile» sans toutefois empêcher les négociateurs de poursuivre leur mission.

L’espoir d’une liberté de circulation conservée pour les travailleurs britanniques

Le gouvernement britannique est notamment interpellé sur ses fameuses études d’impact du Brexit sur plus de 50 secteurs de l’économie britannique. Des études qu’il a commandées mais dont il refuse de publier les résultats au motif que «cela nuirait à la position de négociation britannique». Même fin de non-recevoir opposée par l’ambassadeur à la presse: «notre engagement a été clair concernant notre approche, depuis la publication de nos documents sur nos positions jusqu’à l’interaction très régulière entre les ministres du gouvernement et le Parlement».

Outre l’accord financier, les droits des citoyens représentent l’un des enjeux les plus complexes selon le diplomate. Notamment au regard de la libre circulation des travailleurs. «Beaucoup de citoyens britanniques, en particulier au Luxembourg, mais aussi dans d’autres pays de l’UE, n’aspirent pas seulement à obtenir le droit de résider, mais celui de vivre leurs vies comme ils l’ont fait jusqu’à présent», souligne le diplomate.

De fait, «ce qui est actuellement proposé pour les travailleurs frontaliers aiderait probablement quelqu’un qui vit à Thionville et travaille au Kirchberg, mais ne couvrira pas les personnes qui vivent au Luxembourg et prestent des services professionnels à travers différents États membres. Ils vivent ici, travaillent à Bruxelles et Paris. Nous pensons que les citoyens britanniques devraient pouvoir continuer ainsi. Cela requerrait un geste de la Commission, à la fois sur la reconnaissance des qualifications professionnelles et sur la possibilité d’octroyer la libre circulation sur l’ensemble du territoire de l’UE pour les 1,2 million de citoyens britanniques.» De quoi répondre à l’inquiétude des citoyens britanniques dans un contexte d’«incertitude générale» dont l’ambassadeur est bien conscient.

Quant à l’avenir des services financiers et alors que Jeremy Browne, représentant de la City auprès de l’UE, s’est exprimé en faveur du principe de reconnaissance mutuelle plutôt que de l’équivalence, John Marshall s’est montré très prudent. «Je ne peux spéculer là-dessus. Nous aimerions beaucoup [obtenir ce principe]. Nous espérons bientôt arriver à la prochaine phase mais devons attendre de voir ce que l’UE en dit. Nous voulons un accord de libre échange plus ambitieux que l’UE n’en a avec aucun autre pays pour le moment, et nous ne voyons pas de raison pour laquelle ce ne serait pas possible. Parce que nous n’essayons pas de converger – nous sommes déjà là.»

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