POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Place aux jeunes

Coup de jeune au DP



Paperjam

Comment combler le départ de cadres du parti devenus ministres? La question se pose logiquement au DP, à l’instar de ses partenaires de coalition au gouvernement. Et la première étape du processus consistera, d’abord, à conserver la mairie de Luxembourg-ville en 2017. Si le bastion DP ne devrait pas trembler, encore faudra-t-il composer une liste ambitieuse aux côtés de celle qui ne s’est pas encore déclarée, mais qui, en coulisses, est déjà prête: la bourgmestre en fonction Lydie Polfer. Elle-même était devenue bourgmestre pour la première fois à 30 ans.

Il faut tenir compte des expériences et des compétences de chacun pour obtenir la liste la plus équilibrée possible

Corinne Cahen

Mais le DP ne veut pas se focaliser sur l’âge des troupes engagées. «Il est important pour notre parti que toutes les tranches d’âge soient représentées», indique la présidente Corinne Cahen. «Il faut tenir compte des expériences et des compétences de chacun pour obtenir la liste la plus équilibrée possible.»

Au niveau de sa structure dirigeante, le DP a entamé un sérieux rajeunissement de ses cadres. Il compte d’ailleurs quatre ministres «quadras» (Xavier Bettel, Claude Meisch, Marc Hansen et Corinne Cahen). Ses clés ont été confiées à la ministre Corinne Cahen (43 ans), qui a aussi misé sur la carte jeune pour une garde rapprochée pourtant déjà rompue à l’exercice du pouvoir législatif et exécutif et assurant, de surcroît, un maillage territorial cohérent. Le premier vice-président, Max Hahn (35 ans) se positionne au Sud; Marc Hansen (45 ans) aimerait marcher, dans le Nord, sur les traces de l’eurodéputé et ancien ministre Charles Goerens, et Lex Delles (32 ans) s’est fait un nom à l’Est, dans la ville de Mondorf où Maggy Nagel régnait avant sa chute. Il y a même devancé de 268 voix le ministre LSAP du Travail Nicolas Schmit, lors des dernières élections législatives.

Au Centre, enfin, la députée Joëlle Elvinger (36 ans) apparaît de plus en plus sur différents dossiers-clés, le dernier en date étant la réforme fiscale en tant que rapporteuse du projet de loi.

La thématique des jeunes semble donc prise comme une opportunité pour le DP, qui mise résolument sur l’avenir et thésaurise par le retour au pouvoir national. Sur le plan communal, pas de noms avancés, à ce stade, en prévision des joutes d’octobre 2017 dans la capitale. Mais on imagine d’ores et déjà un rôle important à jouer pour l’échevin Patrick Goldschmidt (46 ans), compétent pour maîtriser les dossiers de la Ville et, pourquoi pas, reprendre une écharpe mayorale en cours de mandat. Reste à celui qui est aussi trésorier du DP à affiner sa communication, sans pour autant sonner faux.

L’actuel secrétaire général du parti, Marc Ruppert (32 ans), fait aussi partie indéniablement des figures montantes. L’enseignant que Xavier Bettel est allé chercher pour figurer sur la liste de 2013 a pris une place centrale dans le parti, en lien avec toutes les fédérations, et dispose d’un capital sympathie auprès d’une partie de la jeunesse de la capitale.

Il sera alors temps pour le DP d’aller trouver les ressources suffisantes en termes de voix pour pouvoir, un an plus tard, peser suffisamment pour espérer garder une place dans une future coalition.

Claude Schommer

  • 24 ans
  • Instituteur à Luxembourg-ville
  • Président de la Jeunesse démocrate et libérale
  • Twitter: @ClaudeSchommer

Quelle est votre vision de la politique de demain?

«La prévoyance reste cruciale si l’on veut maintenir un équilibre économique, sociétal et culturel. Une politique visionnaire s’adapte aux réalités, aux évolutions démographiques et respecte les libertés de chacune et chacun. De plus, j’estime très importante la participation active des citoyens au bon fonctionnement de la démocratie.

Quelle serait votre première mesure en cas d’arrivée au gouvernement?

«En tant que jeune adulte, il est évident que l’envie de mettre en place des mesures nouvelles et innovantes reste grande. Or, il ne s’agit pas de se précipiter sur une idée que l’on estime importante et qu’on veut appliquer du jour au lendemain. Personnellement, je m’intéresse beaucoup aux institutions culturelles et scolaires ; deux domaines qu’il faudrait solliciter davantage.»

Marc Ruppert

  • 32 ans
  • Professeur d’histoire à Luxembourg-ville
  • Secrétaire général du DP
  • Twitter: @RuppertMarc

Quelle est votre vision de la politique de demain?

«Grâce au nouvel instrument des pétitions, le Luxembourg a modernisé sa démocratie. C’est un bon début, mais il faut poursuivre les efforts afin que le Luxembourg devienne une démocratie encore plus directe. Le modèle de référence est pour moi la Suisse. Malgré ses faiblesses, c’est un système qui promeut la stabilité politique et incite les citoyens à s’intéresser à la politique. Renforcer la démocratie directe peut être un moyen pour combattre la lassitude politique qui s’empare de nombreux citoyens.

Quelle serait votre première mesure en cas d’arrivée au gouvernement?

«Malgré les efforts du gouvernement, le trafic routier reste un dossier extrêmement délicat. Personnellement, j’aimerais introduire la gratuité des transports publics. Sachant qu’il faudra continuer à réaliser les projets déjà entamés pour améliorer la situation sur nos routes, elle pourra inciter davantage les gens à utiliser les moyens de transport en commun.»

François Meisch

  • 40 ans
  • Fonctionnaire communal
  • Président de la section locale du DP à Differdange

Quelle est votre vision de la politique de demain?

«Au niveau communal, surtout au sud du pays, il s’avère essentiel d’accélérer le changement structurel pour faire face aux défis de notre société. Une ségrégation sociale peut conduire au développement de sous-cultures fermées, caractérisées par des comportements fondamentalement hostiles. Une ville durable doit posséder des espaces publics ouverts et attrayants et promouvoir une mobilité durable, inclusive et saine. Ceci, en combinaison avec une approche globale des problèmes environnementaux et énergétiques.

Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision?

«Dans une première phase, il est incontournable de réconcilier divers acteurs avant de poser les jalons pour les prochaines étapes et pour que la Ville de Differdange puisse jouer dans un futur proche un rôle essentiel en tant que moteur de l’économie, lieu de connectivité, de créativité et d’innovation, tout en respectant son passé et sa diversité socioculturelle.»

Claudia Monti

  • 40 ans
  • Avocate
  • Présidente du Comité participatif des personnes à besoins spécifiques, membre de différentes commissions de la Ville, présidente de la section Cessange/Gasperich du DP
  • Twitter: @claudiamonti

Quelle est votre vision de la politique de demain?

«La politique ne doit pas être réservée à une minorité élitaire. Elle nous concerne tous et doit donc être inclusive, donnant une voix à TOUT citoyen.

Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision?

«Participer à la réforme de la justice pour favoriser la médiation et assurer un traitement plus rapide des dossiers, dans le cadre de mon engagement pour la défense des droits de l’Homme.»