POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Interview

Bettel et la défense «des droits des citoyens»



Interrogé sur CNN quelques jours après le désormais célèbre dîner entre Jean-Claude Juncker et Theresa May, le Premier ministre a donné mercredi sa vision des négociations en cours entre Bruxelles et Londres liées au Brexit.

Fidèle à la position officielle défendue par les 27 États membres face à Londres dans le cadre des négociations sur le Brexit, Xavier Bettel a réaffirmé mercredi, dans une interview accordée à CNN, la position luxembourgeoise. Pour le Premier ministre, «il faut avant tout clarifier le passé avant de parler de futur», «d’abord parler des sujets difficiles avant d’évoquer la relation future entre le Royaume-Uni et l’Union européenne» et donc «s’occuper d’abord des citoyens, puis des commerces».

Une déclaration en forme de slogan qui doit se traduire par la conclusion d’accords destinés à apporter une forme de sécurité aux citoyens britanniques vivant sur le continent ainsi qu’aux Européens vivant au Royaume-Uni. Notamment en ce qui concerne leurs droits de part et d’autre de la Manche. Pour Xavier Bettel, cet aspect domine tous les autres puisque «si nous ne plaçons pas cette question avant celle du commerce, nous n’aurons pas compris pourquoi le Brexit est arrivé et pourquoi nous avons du populisme en Europe.»

Interrogé sur le montant de la facture que le Royaume-Uni devrait payer à l’Union européenne, le Premier ministre a fait état d’une fourchette comprise «entre 40 et 60 milliards de dollars» (entre 36,4 et 54,7 milliards d’euros). Une somme liée non pas au Brexit, mais aux engagements financiers pris par le passé par Londres envers ses partenaires européens pour des programmes communs. Répétant une nouvelle fois que Londres ne pourrait pas faire de «cherry picking», Xavier Bettel a rappelé que le Royaume-Uni ne pourrait pas obtenir «une Europe à la carte». Une référence discrète au dîner pour le moins compliqué entre Theresa May et Jean-Claude Juncker qui aurait fait dire au président de la Commission européenne que le Premier ministre britannique «vivait dans une autre galaxie».