POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Reprise

Le zoo d’Amnéville entre les mains de Prudentia Capital



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Le zoo d’Amnéville compte 2.000 animaux des cinq continents, dont des lions blancs. (Photo : Shutterstock)

Le tribunal de grande instance de Metz a validé vendredi la reprise du zoo en difficulté par le fonds d’investissement français.

La chambre commerciale a donné son feu vert au plan de redressement du zoo présenté par Prudentia Capital. «L’un des plus importants zoos français est sauvé, c’est une excellente nouvelle pour le rayonnement de toute une région», a réagi Roland Germain, président du fonds spécialisé dans la recapitalisation et le développement de PME, dans un communiqué.

«C’est un soulagement pour son personnel, dévoué au bien-être animal et à la protection des espèces, et dont les représentants élus ont approuvé ce projet de redéploiement. Nous remercions l’ensemble des parties impliquées dans les négociations pour leur professionnalisme, leur mobilisation, ainsi que leur sang-froid, qui ont permis à ces discussions de trouver une issue positive.»

Le zoo, rescapé d’un redressement judiciaire déjà en 2016, se trouvait à nouveau en difficulté depuis plusieurs mois, sans compter les récents témoignages inquiétants sur le déversement d’eaux usées dans la forêt adjacente ou le dépeçage d’un ours à la tronçonneuse pour économiser les frais d’équarrissage.

Endetté à hauteur de 53 millions d’euros, le parc zoologique est toujours dirigé par son fondateur Michel Louis, qui doit conserver 18% de parts selon le plan de reprise avalisé par la justice. Prudentia Capital a négocié avec les banques qu’elles renoncent à trois quarts de leurs créances, en contrepartie de l’assurance d’investissements annuels à hauteur de 1,6 million d’euros.

Notre objectif est de positionner ce parc parmi les plus visités d’Europe en valorisant son rayonnement, sa réputation et sa fréquentation.

Dominik Zwerger,  directeur général,  Prudentia Capital

Le fonds d’investissement, encore novice dans le domaine animalier, a également obtenu la transformation du zoo en société commerciale et la levée partielle de la clause d’inaliénabilité du foncier, ce qui leur permettra de financer une partie de la dette bancaire.

Le dossier n’allait pas de soi – en témoignent les trois heures de débat  lors de l’audience du 18 décembre . Le sort de la centaine de salariés permanents a dû également peser dans la balance et détourner le tribunal de l’option de la liquidation, d’autant que le zoo draine entre 300.000 et 500.000 visiteurs par an (selon les sources). Même s’il a perdu sa carte de membre de l’EAZA, l’Association européenne des zoos et aquariums, à cause de son spectacle «Tiger World».

«C’est un nouveau départ pour une des plus belles collections animalières d’Europe, regroupée dans des infrastructures de grande qualité et encadrée par un personnel hautement compétent», commente Dominik Zwerger, directeur général de Prudentia Capital, dans un communiqué. «Notre objectif est de positionner ce parc parmi les plus visités d’Europe en valorisant son rayonnement, sa réputation et sa fréquentation. Notre philosophie reste celle de ses fondateurs, la protection d’espèces magnifiques évoluant en totale harmonie dans un environnement préservé.»

De son côté, Michel Louis s’est montré satisfait à l’issue de l’audience du tribunal de grande instance de Metz, selon Le Républicain Lorrain, estimant avoir «sauvé» son œuvre trentenaire. «Ce partenariat va aider à améliorer la gestion du parc par l’apport de compétences nouvelles, et permettra à l’équipe du zoo d’agir encore plus efficacement sur l’amélioration continue de la qualité de vie des animaux, sur la sensibilisation et l’éducation du public, et sur la conservation de la biodiversité», ajoute-t-il dans le communiqué de Prudentia Capital.