ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

START-UP STORIES AWARDS

Zero.1



Marc Fleschen: «La dénomination n’est plus lifi pour notre technologie, mais optical camera communication ou OCC.» (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne)

Marc Fleschen: «La dénomination n’est plus lifi pour notre technologie, mais optical camera communication ou OCC.» (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne)

Le projet, en apparence futuriste, de transmettre des données par la lumière au lieu de la 5G entre dans un moment-clé. Entre levée de fonds et Exposition universelle de Dubaï, Zero.1 déborde d’actualité. La start-up fait partie des finalistes des premiers Start-up Stories Awards de Paperjam qui se sont déroulés le 18 décembre dernier.

«-... .. . -. ...- . -. ..- . -.. .- -. ... .-.. . ..-. ..- - ..- .-. »1 À l’heure où toute la planète a les yeux tournés vers le déploiement de la 5G, voire de la 6G pour les pays les plus avancés comme la Corée du Sud, d’autres prédisent l’émergence d’une autre technologie: le morse de la lumière.

«Nous sommes dans une phase d’accélération extrême des besoins, assure le CEO de Zero.1, Marc Fleschen. Et on ignore l’impact que vont avoir ces développements au service de la communication entre les personnes mais aussi entre les objets connectés. Du coup, on construit toujours plus de data centers, toujours plus de fermes de serveurs, qui ont toujours besoin de plus d’électricité ou d’eau. En y consacrant des ressources, nos ressources, nous nous privons de liberté en consacrant des moyens à des choses pas nécessaires.»

Guidé par une farouche volonté de réduire l’impact environnemental de l’Homme causé par la communication, l’entrepreneur a décidé de s’intéresser au lifi, le wifi qui utilise non pas la 5G mais la lumière des ampoules Led. Zero.1 produit à la fois le logiciel qui transforme les données en signaux lumineux, comme le morse les transformait en bruits plus ou moins longs, et le boîtier qui va permettre de les coder. «Derrière cet aspect, il y a aussi la volonté de conserver en Europe des industries spécialisées», explique-t-il.

Pompéi, première application concrète

À quoi peut servir le lifi? «Nous avons déjà déployé quelques projets, comme celui de Pompéi: à partir d’une application, le touriste peut obtenir des informations ou du guidage par son téléphone portable.» Car c’est la spécificité de la start-up luxembourgeoise, qui va se lancer dans une levée de fonds d’une dizaine de millions d’euros en début d’année: elle est concentrée uniquement sur l’utilisation de la caméra de nos smartphones pour transmettre ou recevoir des données, à la différence de l’autre géant européen, pureLiFi.

«La dénomination n’est plus lifi pour notre technologie, mais optical camera communication ou OCC. Les applications sont infinies et même pas toutes envisagées encore, comme la gestion des lieux publics, les visites de musées, le check-in dans les hôtels, la surveillance des aéroports et la gestion du parcours des voyageurs, ou le soutien au client dans les supermarchés», explique M. Fleschen, toujours entre Dubaï et Luxembourg.

Depuis des mois, la start-up prépare l’intégration de sa technologie dans un des stands de l’Exposition universelle, qui rendra plus concrètes les utilisations potentielles du lifi que nombre de campagnes de communication.

1 «Bienvenue dans le futur» en morse

Fiche

Création: Février 2018

Localisation: House of Startups

Capital social: 6,1 millions d’euros

Fondateur: Marc Fleschen

Levée de fonds: 10 millions d’euros en préparation

Chiffre d’affaires: 255.000 euros (2018, premier exercice)

Employés: Non communiqué

Objectif de croissance: Lancer la plate-forme au premier trimestre 2020