LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Foodzilla

LE MATCH

Wëllem vs Bazaar



Le Wëllem et le Bazaar se font face au Knuedler, avec deux concepts très différents. (Design: Eva Pontini/Maison Moderne)

Le Wëllem et le Bazaar se font face au Knuedler, avec deux concepts très différents. (Design: Eva Pontini/Maison Moderne)

Deux établissements très attendus ont ouvert leurs portes à quelques pas du palais grand-ducal: le Wëllem de l’indémodable Jos Zervas (ex-Melusina) et le Bazaar, nouveau bébé du boss du Paname Gabriel Boisante. On a testé le combo!

LE CADRE: «casa» au Bazaar, «cosy» au Wëllem

Au Bazaar, Gabriel Boisante et ses associés n’ont pas lésiné sur les moyens pour redonner vie à la Maison Lassner, déjà emblématique en elle-même. Au rez-de-chaussée, la transformation de l’ancienne boutique Join est remarquable. Dans une ambiance art déco orientale à la Rick’s Café dans «Casablanca», trône un bar central aux dimensions impressionnantes, des miroirs dorés, du rotin et de nombreuses assises. Du côté du Wëllem, Jos Zervas a préféré jouer sur la sobriété moderne et colorée pour un espace à deux étages. Le résultat est «cosy», lumineux et probablement plus fédérateur.

L’AMBIANCE: détente ou canaille?

Au Wëllem, l’ambiance a été voulue accueillante et détendue, ce qu’elle est. Tout au long de la journée, habitués, touristes et passants s’y relaient pour prendre un verre ou deux, du café le matin au digestif le soir. Quelques mètres plus bas, c’est déjà tout autre chose. Au Bazaar, pas besoin de l’annoncer: ça va s’encanailler et faire la fête! Même s’il offre un cadre agréable le matin, l’ambiance monte dès le midi pour atteindre un pic d’effervescence à l’apéritif et pendant la soirée. S’il est encore tôt pour savoir ce qu’il en sera le dimanche, la pause d’après-marché le samedi devrait attirer une foule éclectique chez l’un et chez l’autre.

LA CARTE: Boisante par K.-O.

Ici, pas vraiment de comparaison possible... Et pour cause: le Wëllem propose à boire, dont un bon pinot noir au verre et toute la gamme Battin à la pression. Mais il n’a pas encore de cuisine, ce qui manque cruellement! Les formules du Bazaar, elles, sont surtout à partager comme au Paname, mais l’orientation est tout autre avec une grande dominante levantine.

Premiers coups de cœur pour le «hummus bar» et ses versions cacahuète-avocat ou «spicy Nduja»; les savoureux cœurs d’artichaut avec leur purée de topinambour et pois chiches entiers grillés; ou encore le succulent steak de chou-fleur/grenade/coriandre/zhug et tahini... Le poulpe est également à tomber. Quelques propositions sont à revoir (la poitrine de porc est un peu sèche), mais il y a même du homard breton pour les appétits les plus «fancy».

La carte des vins est pléthorique, avec du facile, du local, du biodynamique, du naturel et quelques bouteilles à trois chiffres. Mention spéciale, et sans vergogne, pour la superstar naturelle sicilienne SP68. La carte dédiée aux cocktails est très étudiée et innovante, avec par exemple de l’estragon et de la fleur d’oranger pour le Tel Aviv 75 ou encore du bitter cerise pour le Rock The Kasbah.

LA TERRASSE: le soleil dure plus longtemps au Wëllem

Là, par contre, le match est serré: les deux terrasses sont grandes. Le mobilier est plus étudié en termes de design au Bazaar mais le soleil disparaît vite le soir derrière le bâtiment, tandis qu’au Wëllem, la terrasse est confortable et ensoleillée plus longtemps, même si le mobilier manque un peu de caractère.

LE PLUS ET LE MOINS: fichu chantier!

Même bonus pour les deux établissements qui bénéficient chacun d’une salle privatisable: d’un côté, un deuxième étage de taille raisonnable avec un joli coup d’œil sur la place chez Jos; de l’autre, une grande cave à cocktails qui sent bon le souffre chez Gabriel et Joao, manager et associé pour cet établissement. Même malus également pour les deux adresses: la vue sur les grues et les travaux qui éventrent le Knuedler pour encore de nombreux mois, dans le meilleur des cas.

LE VAINQUEUR: le Bazaar couronné

Le Wëllem et le Bazaar se font face mais ne s’adressent pas à la même population. Le premier plaira sans doute à une clientèle luxembourgeoise et touristique plus tranquille tandis qu’il est à parier que tous les fêtards francophones et autres expats en goguette se rendront compulsivement dans le second. Mais, sur le papier, difficile toutefois de ne pas reconnaître le Bazaar comme nouveau roi du centre-ville!

CENTRE-VILLE

Bazaar, 46, place Guillaume, Luxembourg, 28 99 07 07

Wëllem, 1, rue de la Reine, 26 20 22 02