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La «ville du quart d’heure», de quoi parle-t-on?



Dans son ouvrage «Droit de cité», Carlos Moreno développe son idée de la «ville du quart d’heure». (Photo: Paperjam)

Dans son ouvrage «Droit de cité», Carlos Moreno développe son idée de la «ville du quart d’heure». (Photo: Paperjam)

Carlos Moreno propose le concept de la «ville du quart d’heure», une idée assez largement diffusée ces derniers mois, ce qui est plutôt rare pour un concept d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Mais de quoi s’agit-il exactement? Il s’explique dans un livre, «Droit de cité, de la ‘ville-monde’ à la ‘ville du quart d’heure’», paru aux Éditions de l’Observatoire.

L’avenir se passera dans les villes. Tout le monde s’accorde sur ce fait. Mais les villes doivent aussi répondre à des défis de taille, tels que le changement climatique, des défis économiques, ou encore la crise sanitaire que nous traversons.  

Directeur scientifique et cofondateur de la chaire «Entrepreneuriat, Territoire, Innovation», rattachée à l’IAE Paris – Université Panthéon-Sorbonne, où il est également professeur associé, Carlos Moreno a fait parler de lui ces derniers mois, avec un nouveau concept, celui de la «ville du quart d’heure». Il vient de faire paraître aux Éditions de l’Observatoire le livre «Droit de cité, de la ‘ville-monde’ à la ‘ville du quart d’heure’», qui explique plus en détail son approche de la ville polycentrique.

La «proximité heureuse»

Le principe de la «ville du quart d’heure» est d’avoir, dans un rayon de 15 minutes à pied ou à vélo, une crèche, une école, un centre sportif, des lieux culturels, des magasins de proximité, un espace vert, des transports en commun… C’est une densité qui permet de recréer une vie de quartier, de répondre aux besoins essentiels des habitants.

Ainsi, la «ville du quart d’heure» doit répondre à six fonctions sociales urbaines ou territoriales essentielles à retrouver autour de chez soi:

-       Habiter dans des conditions dignes;

-       Travailler au plus près de chez soi;

-       S’approvisionner de manière saine, en privilégiant les circuits courts;

-       Se soigner, au niveau de la santé physique et mentale;

-       S’éduquer, avoir accès aux établissements d’éducation, de formation, de culture;

-       Avoir accès à des loisirs, aux espaces de détente.

En ayant tout ceci, il est possible, selon Carlos Moreno, d’obtenir une mixité fonctionnelle qui offre une haute qualité de vie urbaine ou territoriale. C’est ce qu’il appelle la «proximité heureuse».

Pour parvenir à cela, il propose d’avoir recours à la chronotopie, c’est-à-dire une meilleure appropriation des mètres carrés existants en leur attribuant des utilisations qui peuvent devenir multiples en fonction de l’heure, du jour de la semaine, du mois ou de la saison, et à une topophilie, le fait de développer un fort sentiment d’appartenance pour le lieu où l’on vit. Le tout, sans exclure la technologie, qui doit permettre un accroissement des services et soutenir les liens sociaux.

Une idée qui fait son chemin

Ce concept de la «ville du quart d’heure» a déjà séduit plusieurs décideurs et politiciens, dont le bourgmestre de la ville de Bruxelles, Philippe Close, ou encore la maire de la ville de Paris, Anne Hidalgo. On le retrouve également dans les principes de développement urbain de l’opérateur Nhood, lancé fin janvier . Et ce ne sont pas les seuls. Il faut dire que Carlos Moreno a reçu la médaille de la Prospective 2019 de l’Académie française d’architecture. Cela a de quoi rassurer.

De plus, on doit lui reconnaître le mérite d’avoir réussi à formuler de manière très accessible cette idée de la proximité, qui, si elle n’est certes pas nouvelle, trouve aujourd’hui des oreilles bien plus attentives qu’hier quant à cette question, au vu de l’urgence climatique et sanitaire.

Finalement, parler de la «ville du quart d’heure», c’est parler de densité urbaine, mais avec un discours positif et facilement compréhensible.