PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Les perspectives macroéconomiques d’Orcadia AM

Vers une année positive pour les actions



«Gentiment positif»: voilà comment Étienne de Callataÿ, économiste et chief economist d’Orcadia Asset Management, qualifie son scénario macroéconomique pour 2021. (Photo: Orcadia Asset Management)

«Gentiment positif»: voilà comment Étienne de Callataÿ, économiste et chief economist d’Orcadia Asset Management, qualifie son scénario macroéconomique pour 2021. (Photo: Orcadia Asset Management)

«Gentiment positif»: voilà comment Étienne de Callataÿ, économiste et chief economist d’Orcadia Asset Management, qualifie son scénario macroéconomique pour 2021.

Certes, relève-t-il, 2020 restera dans l’Histoire comme l’année de la plus grande récession depuis la Seconde Guerre mondiale. «Même lors de la grande crise financière de 2008-2009, nous n’avions pas observé le même niveau de recul. Notamment parce que certaines parties du globe, dont l’Asie, avaient échappé à cette vaste difficulté.»

«Positif», car il relève que les indicateurs avancés sont sur la bonne voie grâce aux perspectives de la vaccination et au fait que si la deuxième vague a été extrêmement dure sur le plan de la santé, elle a fait sensiblement moins mal que la première du point de vue économique. Le système productif est largement intact, on a vu, au troisième trimestre, qu’un rebond était possible et, c’est le point central de ses projections, que la hausse de l’épargne contrainte et de précaution ouvre le chemin à un rattrapage de consommation «si la confiance est là».

«Gentiment» parce que, pour Étienne de Callataÿ, il faudra faire preuve de patience. «Nous le savons, la confiance, elle part vite et ne revient que lentement.»

Il va falloir accepter le fait qu’il y ait eu moins de faillites qu’à la normale et qu’il va falloir rattraper cela.
Étienne de Callataÿ

Étienne de Callataÿ,  chief economist,  Orcadia Asset Management

À moyen terme, il relève quatre éléments fondamentaux à mettre en exergue, afin d’expliquer ses perspectives d’investissement. Tout d’abord, le «fait du prince». «Certains disent que si l’économie va mal, c’est parce que les États ont gelé l’activité avec le confinement. Aux USA, où tous les États n’ont pas agi de la même manière en matière de confinement, on constate que le recul commercial a été sensiblement le même partout. Cela démontre qu’en amont du confinement, ce sont les attitudes des agents économiques qui priment. «N’attribuons donc pas tous les malheurs aux États et sachons voir qu’ils sont intervenus de manière spectaculaire sans équivalent en temps de paix. Et ils se sont montrés comme des amis des marchés, ce qui n’était pas acquis.»

Deuxième élément: les bouleversements de l’organisation de travail et de certains secteurs. Pour lui, ce sont autant de sources de coûts que de sources d’opportunités. Il y aura donc des gagnants et des perdants, ainsi que des recompositions. S’il s’attend à des faillites – «il va falloir accepter le fait qu’il y ait eu moins de faillites qu’à la normale et qu’il va falloir rattraper cela» –, l’impact macroéconomique ne sera un souci que si l’on ne parvient pas à éviter un effet de cascade. «Il faut identifier les maillons faibles et les laisser tomber pour protéger ceux qui sont viables.»

Troisième point: la nature de la croissance économique pour les 10 prochaines années, élément central en matière de rentabilité des entreprises. «Les entreprises ne fleuriront pas si l’économie mondiale va mal.» Toute la question est de savoir si le Covid va soustraire ou ajouter de la croissance économique tendancielle. Adepte de la théorie de la «destruction créatrice», Étienne de Callataÿ estime qu’il est raisonnable d’escompter que les changements de société liés au Covid sont de nature à stimuler les gains de productivité.

Le quatrième point, «le plus important», est l’augmentation des déficits publics, qu’il voit se poursuivre sous l’effet d’une demande citoyenne et qui posent la question de savoir qui, au final, payera. Son hypothèse est que les taux resteront bas au moins pour une décennie. Toute augmentation serait dramatique pour les budgets des États. Le corollaire, c’est «l’euthanasie des rentiers». Comprendre que l’épargne prudente – principalement les livrets d’épargne et les comptes à vue – fera perdre de l’argent à ses propriétaires.

Une bonne action rapporte toujours

Quelles sont les conséquences de ces considérations sur les marchés financiers?

Pour lui, les marchés actions vont continuer à bien se comporter. Ce qui n’est pas antinomique avec la faiblesse de la conjoncture. Principalement parce que «ce qui est coté en bourse n’est pas le reflet de toute l’économie. Les pans de l’économie qui ont souffert (horeca, spectacle…) ont un poids en bourse qui est quasi inexistant. En revanche, les secteurs qui ont bénéficié des difficultés actuelles (la pharmacie ou la technologie) ont un poids dans les indices supérieurs à leur poids dans l’économie.»

De plus, le filet de sécurité offert par les banques et les États grâce aux taux bas et aux aides directes ne va pas être retiré avant longtemps. Et si les actions restent chères, elles demeurent, en termes relatifs, face au peu de perspectives offertes par les obligations.

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