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Pandémie

Le variant indien «n’est pas plus dangereux»



«Le virus continuera de muter et l’on découvrira toujours de nouveaux variants, car il y a beaucoup de séquençage du virus», précise Gérard Schockmel, médecin consultant en maladies infectieuses au sein des Hôpitaux Robert Schuman. (Illustration: EU/Anthony Dehez)

«Le virus continuera de muter et l’on découvrira toujours de nouveaux variants, car il y a beaucoup de séquençage du virus», précise Gérard Schockmel, médecin consultant en maladies infectieuses au sein des Hôpitaux Robert Schuman. (Illustration: EU/Anthony Dehez)

S’il affole la planète au vu du nombre de cas recensés en Inde, le variant indien n’est pas plus inquiétant que les autres variants connus, selon Gérard Schockmel, médecin consultant en maladies infectieuses au sein des Hôpitaux Robert Schuman.

Accusé d’avoir fait exploser le nombre de contaminations au Covid-19 en Inde, le variant indien a fait son apparition dans le pays à la mi-avril avec trois premiers cas . Mais le Luxembourg doit-il s’inquiéter pour autant? «Je ne le pense pas», répond Gérard Schockmel, médecin consultant en maladies infectieuses au sein des Hôpitaux Robert Schuman. «Le variant indien n’est pas plus dangereux que les autres variants connus à ce jour. Nous n’avons pas de raison de penser que c’est le variant en soi qui est responsable de la situation en Inde», ajoute-t-il.

Les derniers chiffres communiqués ce mercredi 5 mai par le ministère de la Santé font état de trois nouveaux cas de variant indien dans le pays, alors que le variant britannique reste majoritaire avec 85,3% des cas. Et le docteur Schockmel de préciser que les mesures de précaution sanitaires mises en place en Inde «ne sont pas similaires aux nôtres. Il y a eu des célébrations religieuses et il n’est pas possible d’y instaurer et de généraliser le télétravail. Il est donc normal que les contaminations flambent dans ce pays, où il n’a jamais été possible de mettre en place un vrai lockdown.»

«Le virus continuera de muter»

Le système de santé et l’accès difficile aux soins en Inde sont aussi mis en cause par Gérard Schockmel. «La population indienne est également beaucoup moins vaccinée que chez nous, on ne peut pas y transposer nos règles et notre situation sanitaire, on ne peut pas comparer le Luxembourg avec l’Inde.»

«Le virus continuera de muter et l’on découvrira toujours de nouveaux variants, car il y a beaucoup de séquençage du virus. L’important est de continuer à intensifier la campagne de vaccination pour que chaque personne vaccinée ait des anticorps et une immunité. Le vaccin n’empêche pas systématiquement d’être infecté par le virus et de pouvoir le transmettre, mais il évite de développer des formes graves et des complications, car il stimule le système immunitaire.» 

Des formes moins graves après la vaccination

Un constat déjà partagé par Marc Fischbach, président de la Copas (confédération regroupant la quasi-totalité des maisons de soins au Luxembourg), qui expliquait il y a quelques semaines que des résidents de maisons de soins, vaccinés, avaient été testés positifs au Covid-19 mais avaient soit été asymptomatiques, soit n’avaient développé qu’un simple rhume.

«Ce qui est utile, c’est de faire un dosage des anticorps quelques semaines après la vaccination, sur les personnes très à risque de développer une forme grave, afin d’évaluer leur immunité protectrice», complète Gérard Schockmel.