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Covid-19

«Le variant Delta sera dominant d’ici trois semaines»



Selon le docteur Trung Nguyen du LNS, le variant Delta, s’il est plus contagieux, n’est pas plus dangereux que les autres variants. (Photo: Blitz Agency 2017)

Selon le docteur Trung Nguyen du LNS, le variant Delta, s’il est plus contagieux, n’est pas plus dangereux que les autres variants. (Photo: Blitz Agency 2017)

Malgré un Covid-19 moins présent dans le pays, le variant Delta (ou indien) gagne du terrain. Selon le docteur Nguyen du LNS, il devrait devenir dominant dans les prochaines semaines. Mais s’il est plus contagieux, il n’est pas plus dangereux. Et la vaccination est efficace à son encontre.

Si le nombre total de cas quotidiens de Covid-19 diminue depuis le début du mois d’avril dans le pays, la part du nombre de cas liés au variant Delta (ou indien) double chaque semaine depuis début mai.

Selon le dernier rapport Revilux du Laboratoire national de santé (LNS), qui réalise le séquençage des tests positifs pour déterminer la dynamique des variants, la part du variant Delta a même atteint 30,9% des nouveaux cas lors de la première semaine de juin, ce qui se rapproche des 47,4% de cas liés au variant Alpha (ou anglais), actuellement dominant dans le pays, mais en baisse.

Selon le docteur Trung Nguyen du LNS, le variant Delta, 40 à 80% plus contagieux que le variant Alpha, devrait devenir dominant d’ici deux à trois semaines. Mais il n’est pas plus dangereux et la vaccination protège bien à son encontre.

Vu la dynamique – la part du nombre de cas liés au variant Delta double chaque semaine –, faut-il s’attendre à ce que celui-ci devienne majoritaire?

Dr Trung Nguyen. – «Selon les chiffres au Royaume-Uni, le variant Delta est 40 à 60% plus infectieux. Au Luxembourg, nous observons une augmentation significative de celui-ci depuis mai et une transmissibilité qui serait entre 40 et 80% plus forte. Ce variant est donc plus contagieux que la souche anglaise. Et dans deux ou trois semaines, il deviendra dominant.

Cette augmentation est-elle inquiétante?

«Nous surveillons le Royaume-Uni parce que nous sommes en décalé par rapport à eux. Or, s’il y a une augmentation du nombre de cas de Covid-9 là-bas, il y a peu d’hospitalisations.

Nous n’observons pas non plus d’augmentation des hospitalisations dans le pays, ce qui est un bon signe. Parmi les personnes contaminées par le variant Delta, cinq ou six sont hospitalisées. Donc il n’est pas plus dangereux que les autres variants.

La vaccination est-elle efficace contre le variant Delta?

«Au Royaume-Uni, les clusters sont dans des zones où il y a peu de vaccination. Et, au Luxembourg, il ne touche pas les personnes vaccinées. Il n’y a que deux ou trois cas chez les plus de 50 ans. Les autres ont moins de 50 ans et n’ont pas de deuxième dose. Il n’y a eu qu’un seul cas de réinfection et un autre de post-vaccination.

Donc le vaccin agit, il protège bien les personnes qui ont deux doses. C’est un point positif. Même si après la deuxième dose, il faut malgré tout rester prudent pour ne pas transmettre le virus.

La vaccination ne protège donc pas contre la transmissibilité?

«Le vaccin diminue la mortalité, les hospitalisations et les symptômes, mais une réinfection reste possible. Car même si la charge virale est moins importante – ce qui implique une baisse de la transmissibilité –, le risque de transmettre le virus, même s’il est minime, existe.

Mais puisque ce variant Delta est plus contagieux, ne doit-on pas craindre un rebond épidémique ces prochaines semaines, lorsqu’il deviendra dominant?

«Nous pourrions avoir une petite augmentation du nombre de cas. Mais les personnes fragiles sont protégées, donc je ne crois pas qu’il y ait un risque de saturation des hôpitaux.

Ce variant est-il plus agressif vis-à-vis des jeunes que le variant originel?

«Les jeunes ont davantage de contacts, ils ne sont pas vaccinés, donc le virus circule plus chez les jeunes, et ce jusqu’à 50 ans. Mais le pourcentage de gens vaccinés augmente au Luxembourg. Et nous avons l’avantage d’être en plein été.

Le Covid-19 est moins actif en été, c’est une certitude désormais?

«Avec un temps sec et chaud, le virus survit moins longtemps à l’extérieur. Nous le savons par expérience: l’an passé, en été, le nombre de cas a diminué, avant une reprise en automne et en hiver. Nous observons les mêmes effets maintenant. Donc je pense que la météo a une influence sur le virus, ce qui est d’ailleurs le cas avec les virus respiratoires en général, qui circulent surtout en hiver.

Mais tout dépend du comportement de la population. Si les gens se réunissent sans les gestes barrières, alors cela peut redémarrer. Le virus existe toujours en été. En intérieur, le masque est toujours nécessaire. Et aussi en extérieur si la densité de la population est élevée.

Au vu du nombre de cas beaucoup plus faible de personnes contaminées, le séquençage que vous effectuez à partir des tests positifs reste-t-il représentatif de la dynamique des variants?

«Oui, c’est suffisant, nous avons une image en temps réel. Car nous séquençons chaque semaine un minimum de 50% des cas positifs. Avec le Royaume-Uni, notre pourcentage de séquençage est un des plus élevés au monde.»