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#EUROPÉENNES2019

Des urgences pour l’Europe



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Les élections européennes, qui auront lieu le 26 mai prochain, soulèvent de nombreuses interrogations pour l’avenir. (Photo: Shutterstock)

«Europe, la dernière chance?», c’est la question qui sera posée lors du grand débat organisé par Paperjam et le Paperjam Club le 15 mai prochain. Les thèmes de débat ne manqueront pas, car, en effet, les urgences sont nombreuses et la prochaine législature sera sans doute décisive pour l’avenir de l’Union.

La finance durable, la gestion des fonds, la régulation des acteurs des places financières... Ce sont quelques-unes des thématiques financières qui s’inviteront sans doute encore dans les enceintes européennes au cours des cinq années à venir. Le Luxembourg y sera attentif.

D’autant qu’il est précurseur dans le domaine de la gestion des actifs durables. Le cabinet EY l’a d’ailleurs souligné dans une de ses études: les problématiques environnementales, sociales et de gouvernance deviennent de véritables critères d’investissement.

Tête de liste Déi Gréng, Meris Sehovic s’en réjouit , lui qui est très attaché au concept de compétitivité écologique développé par Hubert Vedrine. «Les choses ont changé. C’est désormais investir dans un placement qui n’est pas vert qui présente un risque», soutient-il.

Harmonisation ou coordination?

La fiscalité sera peut-être un outil pour susciter encore plus d’investissements , dans des green bonds, par exemple. Des décisions fiscales qui devront être prises à l’unanimité. Et pour faire changer cela et passer à un vote à la majorité, il faudra... une unanimité au sein du Conseil européen.

Le projet en lui-même, soutenu par le commissaire sortant, Pierre Moscovici, fait débat. Et compte autant de partisans que de détracteurs. Certains plaident pour plus de justice et d’équité fiscales. Les autres estiment que les besoins d’un pays ne sont pas ceux des autres, et que plutôt que d’harmoniser, il faudrait avant tout penser à mieux coordonner les politiques.

Là où une demande de régulation se fait aussi sentir, c’est bien dans le domaine ICT. Le dossier de la 5G reviendra très vite sur la table des nouveaux députés et commissaires. Mais aussi celui de la taxation des géants du web. Urgent? Oui, selon Charles Goerens, tête de liste DP , car «les règles actuelles ne sont plus appropriées. Il est inconcevable que les classes moyennes paient le prix fort tout en étant les plus exposées aux dangers.»

Artisanat, PME et TPE

Et si les Gafa devront sans doute, d’une manière ou d’une autre, à un moment ou l’autre, payer des impôts plus importants sur les bénéfices dégagés dans les pays européens, cet argent sera le bienvenu pour soutenir l’artisanat, les PME et les TPE. Ces derniers constituent 99% du tissu économique européen et ont besoin d’aide.

«Ce sont aussi d’importants vecteurs d’innovation et un moteur pour l’entrepreneuriat», avance Nicolas Schmit, candidat LSAP . Qui souhaite que l’Europe aide à la création d’entreprises. Mais aussi d’industries. «Nous devons en effet soutenir la réindustrialisation», dit-il encore.

Innover, créer et développer la recherche sont aussi des atouts de l’Europe. Qui, ne représentant que 7% de la population mondiale, produit un tiers des publications scientifiques. Pour Christophe Hansen, candidat CSV, il ne fait aucun doute «que l’Europe est l’espace de recherche et d’innovation le plus ouvert au monde» .

Il plaide donc pour plus de coopération entre les États et plus de moyens mis dans la recherche, notamment afin d’atteindre une souveraineté numérique européenne. Sous peine de quoi des superpuissances, comme la Chine et les USA, prendront les devants.

L’après-Brexit, la montée des populismes de droite et de gauche, les contestations sociales, la future gouvernance européenne, l’avenir de l’espace Schengen et, bien entendu, la défense du climat sont autant d’autres thèmes que devront aussi s’approprier les futurs élus européens. Qui décidément ne manqueront donc pas d’ouvrage.