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Mission économique

Les Émirats et le Luxembourg unis pour imaginer le futur 



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Mario Grotz, président du Conseil de gérance de Luxinnovation et chargé de la Direction générale recherche, propriété intellectuelle et nouvelles technologies, ministère de l’Économie; Étienne Schneider, vice-Premier ministre, ministre de l’Économie, ministre de la Santé; Khalfan Belhoul, CEO de Dubai Future Foundation. (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

Les Émirats et le Luxembourg sont deux pays dont les écosystèmes de start-up sont très dynamiques. Unis, ils veulent se donner les moyens de rester des leaders dans ce domaine.

Entre le Luxembourg et les Émirats arabes unis, les liens ne datent pas d’hier. On fêtera d’ailleurs cette année les 40 ans des relations diplomatiques entre les deux États. Des relations qui ont évolué dans le temps, et certainement au niveau de leur forme.

«Au début, quand je venais ici, les relations économiques se limitaient principalement aux aspects financiers, et à quelques grandes industries», souligne Étienne Schneider (LSAP), ministre de l’Économie et vice-Premier ministre qui mène actuellement sa dernière mission en tant que membre du gouvernement .

Une première évolution a eu lieu suite à l’initiative Spaceresources.lu en 2016. Les Émirats vont être le premier pays à s’y intéresser de près, puis à vouloir collaborer au projet luxembourgeois. D’où la signature rapide d’un accord de partenariat, qui était alors une première dans ce domaine entre le Luxembourg et un pays tiers. «Depuis lors, on se voit beaucoup, et il y a un vrai travail en commun avec leur agence spatiale», poursuit Étienne Schneider.

Deux partenaires privilégiés

C’est aussi grâce à ces liens dans le domaine du spatial qu’un contact a été établi avec la Dubai Future Foundation (DFF). Avec la signature, ce lundi, d’un memorandum of understanding entre celle-ci et Luxinnovation, le Luxembourg se positionne en tant que partenaire privilégié, et compte bien profiter de cet avantage. Tandis que les Émirats voient là une opportunité de «multiplier les échanges avec l’écosystème du Luxembourg. Cela nous renforcera mutuellement.»

Daniel Da Cruz du ministère luxembourgeois de l’Économie souligne que «cette première entrevue, juste avant la signature du memorandum, s’est parfaitement déroulée. On a senti que les choses étaient claires, que nos interlocuteurs voulaient du concret.»

Les Émirats misent en tout cas beaucoup sur la Dubai Future Foundation. «Celle-ci doit être le moteur de ce que sera le monde demain. C’est ici que s’imaginent et se créent les solutions technologiques du futur», explique son CEO Khalfan Belhoul.

Un signe ne trompe pas et va au-delà du symbole: ce nouvel outil créé voici presque quatre ans est présidé par le prince héritier des Émirats. «En effet, cela démontre à quel point la fondation est estimée comme décisive pour le pays», poursuit un membre de la DFF.

  (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

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Entre le Luxembourg et les Émirats arabes unis, les liens ne datent pas d’hier. (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

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  (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

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Étienne Schneider, vice-Premier ministre, ministre de l’Économie, ministre de la Santé, Adil El Yacoubi, chief strategy officer de la Dubai Future Foundation, et Khalfan Belhoul, CEO de la Dubai Future Foundation. (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

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Étienne Schneider, Vice-Premier ministre, ministre de l'Économie, ministre de la Santé ; Daniel Da Cruz, chargé de la Direction générale Promotion du commerce extérieur et des investissements, ministère de l'Économie ; Khalfan Belhoul, CEO de la Dubai Future Foundation (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

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Entre le Luxembourg et les Emirats Arabes Unis les liens ne datent pas d’hier. (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

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Étienne Schneider, Vice-Premier ministre, ministre de l'Économie, ministre de la Santé ; Khalfan Belhoul, CEO de la Dubai Future Foundation (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

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Étienne Schneider, vice-Premier ministre, ministre de l’Économie, ministre de la Santé, et Khalfan Belhoul, CEO de la Dubai Future Foundation. (Photo: © SIP / Jean-Christophe Verhaegen, tous droits réservés)

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Tester les solutions à petite échelle

Concrètement, la fondation se veut être en premier lieu une plate-forme de rencontre. «Le futur, c’est du développement, puis de la concrétisation. Mais tout débute néanmoins par une discussion», explique encore son CEO. Des espaces high-tech sont donc dédiés à des master class et des séminaires, des réunions de travail, des évaluations ou des exposés thématiques…

Ensuite, la DFF cherche à développer de manière théorique des solutions futuristes, via ces collaborations internationales, «dans trois domaines prioritaires: le climat, l’intelligence artificielle et la blockchain», confirme Khalfan Belhoul. Les start-up sélectionnées y sont cajolées et peuvent profiter d’un formidable réseau d’échange d’idées.

Surtout, la DFF veut ensuite donner les moyens de passer de la théorie à la pratique en proposant à ces start-up de mettre leurs initiatives une fois mûres au banc d’essai, à une échelle réduite. «C’est en effet aussi notre raison d’être. Selon nous, les technologies de demain ne se développeront pas si on ne peut les tester ‘dans la vraie vie’. Un exemple type est le domaine de la mobilité. Une voiture du futur, c’est bien de la concevoir. Mais il faut ensuite un endroit où la faire rouler en conditions réelles. C’est possible ici à Dubai.» Où les moyens pour parvenir à ses fins donnent l’impression d’être illimités et les priorités, en tout cas, bien identifiées.

Un desk luxembourgeois permanent

Pour la «start-up nation» qu’est le Luxembourg, devenir un partenaire privilégié de la DFF est une opportunité unique. «En effet, c’est une chance pour nos start-up», note encore Étienne Schneider. «D’autant qu’aux Émirats, il n’y a pas cette pression d’un retour financier immédiat. Des endroits comme cela, il n’y en a pas beaucoup dans le monde.»

Et les Émirats ont aussi compris depuis longtemps que l’écosystème luxembourgeois, considéré là-bas comme un des plus dynamiques en Europe, pourrait aussi être profitable au pays.

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Et pour renforcer encore sa visibilité à Dubai, le Luxembourg disposera sous peu d’un desk permanent au sein de la Dubai Future Foundation. Une première concrétisation hautement stratégique de ces nouvelles relations entre les deux pays. Qui, en tant que «start-up nations», ont bien l’ambition de demeurer des leaders reconnus à l’échelle mondiale.