POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Nouvelle Commission, nouveaux défis (1/5)

Unir les Européens dans la diversité, voire l’adversité



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Selon la Fondation Idea, la Commission devrait porter une attention particulière à l’emploi des plus de 45 ans. (Photo: Fondation Idea)

La commission Von der Leyen prendra ses fonctions le 1er novembre prochain. Que faut-il en attendre? Quelles devraient être ses urgences et ses priorités? La réponse de la Fondation Idea.

Tout observateur de la vie politico-économique doit, avant de formuler de pompeuses «recommandations» à «Bruxelles», s’interroger sur ce qui a été accompli. Pour ce faire, la nouvelle manière de «communiquer l’UE» établie par cette Commission, qui n’est pas le moindre de ses mérites1 , s’avère bien utile2.

Premier constat: durant cette mandature, la croissance a été ininterrompue, l’emploi a connu un «nouvel élan», tandis que le chômage refluait pour atteindre «le record de ce siècle». Aussi, le tiers des députés européens luxembourgeois qui ont choisi de siéger à la commission emploi et affaires sociales (EMPL) semble bien avisé… Le commissaire grand-ducal pourrait l’être tout autant en reprenant ce même portefeuille (DG EMPL).

De plus, si l’UE a (peut-être) perdu l’un de ses membres et doit faire face à de nombreuses mutations politico-économiques, une majorité historique d’Européens estime qu’appartenir à l’Union est une bonne chose. Les accomplissements de ces dernières années, dont certains très concrets, comme la fin du roaming ou la protection accrue des données, n’y sont sans doute pas étrangers.

Aussi, continuer à unir les Européens dans la diversité, voire dans l’adversité, est une attente forte vis-à-vis de la nouvelle Commission. Cette dernière devra, pour ce faire, poursuivre les efforts bien entamés par sa prédécesseur pour dynamiser l’investissement (responsable), la croissance (soutenable) et l’emploi (de qualité). Il lui incombera notamment de donner corps au pilier européen des droits sociaux, qui invite les pays membres à améliorer les conditions de vie et de travail des salariés, à travers des propositions ciblées.

Sauf cure de jouvence express (choc migratoire, boom des naissances…), l’Europe devra, de plus en plus, composer avec une population d’âge mûr.

Fondation Idea

À ce titre, une mesure nous semble cruciale dans une Europe vieillissante3: la garantie senior. Sauf cure de jouvence express (choc migratoire, boom des naissances…), l’Europe devra, de plus en plus, composer avec une population d’âge mûr et ses implications sur le marché du travail, les systèmes de formation, le financement de la sécurité sociale, l’adaptation des logements, etc.

Une attention particulière devrait donc être portée à l’emploi des plus de 45 ans: sur le modèle de la garantie pour la jeunesse, la garantie senior allie un bilan de compétences et une formation continue sur mesure avec un suivi d’insertion sur le marché du travail. Car le vieillissement de l’Europe n’est pas «a small thing»…

Face aux difficultés internes (montée des populismes, atteintes à l’État de droit, intégration insuffisante de la zone euro, etc.) comme aux mutations internationales (crise écologique, flux migratoires, guerre commerciale, etc.), cette Commission devra résolument rester «big on big things». Voire le devenir.

[1] Dans son bilan (positif!) de la commission Juncker , la Fondation Robert Schuman conclut, quant à elle, que «le véritable élément négatif demeure […] celui de la communication», mais estime que l’apport personnel de Jean-Claude Juncker ne doit pas être sous-estimé (vision d’une Union européenne plus politique, plus proche des citoyens, mais aussi plus efficace et plus réactive à des changements de l’environnement géopolitique).

[2] Voir: https://ec.europa.eu/commission/sites/beta-political/files/euco_sibiu_communication_en.pdf

[3] L’Europe serait le continent le plus âgé d’ici 2030 avec une moyenne d’âge de 45 ans (Rand Europe).